SCÈNE V fî
Seule, en haillons, réduite à demander l'aumône, Qu'en pensez-vous?
PIERRE, ^^r^j^.
Rien! rien!... rien!... Mon fils me sermonne!
Très pénétré.
En vérité, sais-tu que tu me trajtes, Jean ? <
Tu prêches en monsieur et non en artisan...
Où diable as-tu cueilli, toi, toutes ces bricoles ? Tu n'as pas plus que moi fréquenté les écoles Et tu me fais pourtant une reine-leçon...
Paysan-chevalier, baise-moi, mon garçon !
// ouvre ses bras et Jean s'y précipite.
Il est bon d'attraper parfois un coup de trique : On se croit aigle, on n'est qu'une simple... bourrique. Fichtre ! on l'atteste ici, ta patte écrase et fend ! Elle n'est pas d'un pou, mais de quelque éléphant! Quelle apostrophe! £A, bé; ça m'apprendra, sieur âne, A laisser refroidir ce qui bout en ce crâne.
// met ses mains sur les épaules Je son fils et le contemple avec orgueil.
De toi très fière est celle à qui moi je te fis. Elle en a le droit ! Oh ! son fils est un bon fils...
En tapant du pied.
Il marque plus que moi !
JEAN
Que vous!
f2 L ANCIEN
PIE'RKE.
Chut!
JEAN
Ho! me taire?...
Tout sage qui se tâte un peu sur cette terre, Doit savoir ce qu'il jauge, et moi, qui me connais, Je vous connais aussi, papa I...
PIERRE
Mâtin!... Tu n'es Qu'un fou qui me vaux cinq cents fois.
JEAN
Non ! non ! La branche Ne vaudra jamais l'arbre auquel elle s'emmanche ! Je suis vôtre et c'est tout.
PIERRE, à la fois heureux et navré.
Tu triples mes tourments.
Et je ne conçois rien à tes agissements.
JEAN
Oh I que si !
PIERRE, après avoir réfléchi mûrement.
Frondeur!...
^prês un silence.
Soit, dictateur, je compose ; Arrêtons-nous ici pourtant... bigre! une pause! Fussé-je sans le sou, n'eussé-je aucun soutien.