Du dimanche, Jour N. D. vin»^ jour dujict moys
de septembre m v^ xnxvi
Il Suivant ce que nous mande par ses lettres missives ledit sieur connestable, sont partiz de ceste ville de Paris messire de Thou, prévost des marchans, Paillard de Hacqueville, eschevins, les greffiers et procureurs d'icelle ville, et arrivez au dit lieu de Saint-Germain-en-Laye, ou quel lieu, environ l'heure de douze heures, présentez par mon dit sieur le connestable, ilz ont fait la reverance au Roy, estant à Saint-Germain-en-Laie, en sa chambre, et a proposé, ledit sieur prévost des marchans, en la manière qui ensuit : [Remerciemens à Dieu d'avoir ramené le Roy sain et sauf d'un si long voyage et de l'avoir sauvé des périls de ta guerre.]
« Le seigneur Roy a fait responce qu'il estoit
joyeulx de ce que ses subjectz entendoient que ce qu'il avoit fait, il l'avoit fait comme ung bon Roy doit tere pour ses subjectz. Et quant aux habitanz de Paris, il les tient pour ses bons et loiaulx subjectz.
11 Ce fait, a ordonné aux ditz prévost des marchans et eschevins, que en toute diligence possible ilz fissent parachever le bastiment du quay pour passer du Louvre aux Tuileries, et qu'il trouvast l'ouvrage parachevé dedans brief temps qu'il espéroit aller à Paris.
Il El dict aussi qu'il entend que l'on continue le bastiment de l'Hostel de la Ville, attendu que sommes en temps de paix, etc. »
2. Recueil des inscriptions , figures, devises et mascarades, ordonnées en l'Hostel de Ville de Paris, le jeudy 14 février i^^ii. — Livret in-4"'.
Le dessin de Jacques Cellier nous donne la physionomie architecturale de l'Hôtel de Ville en i583.
Après la pacification et l'entrée de Henri IV à Paris, on s'occupa de faire exécuter quelques travaux de réfection, que le long abandon des œuvres de maçonnerie justifiait. Enfin, au mois de novembre i6o5, les travaux nécessaires pour l'achèvement du monument furent ordonnés par le bureau de la ville. Dans le but de venir en aide, pour cela, aux finances de la ville quelque peu obérées, Henri IV avait décidé de faire abandon à la municipalité de la moitié des amendes et confiscations qui lui étaient dues depuis la mort de son prédécesseur, c'est-à-dire depuis six ans, et l'avait autorisée à percevoir un nouvel octroi. Chacun d'ailleurs y mit du sien. Le prévôt des marchands, non seulement donna tout ce qu'il put de ses deniers pour l'achèvement de l'Hôtel de Ville, mais il sacrifia les profits de sa charge. Le clergé lui-même y voulut contribuer; les registres du bureau de la ville font mention en ces termes de cette coopération patriotique :
Du mercredy douziesme jour d'apvril mil six cent six.
Ledit jour est venu au Bureau de la Ville, monsieur l'evesque d'Angiers qui a dit que messieurs de l'assemblée du clergé ayant octroyé la demande qui lui avoit esté faicte de donner quelques deniers à la ville, pour employer au bastiment dudict Hostel de Ville, il avoit retiré le mandement et ordonnance desdicts sieurs de l'assemblée, adressant à maistre François de Castille, pour payer à mes dictz sieurs de la ville ou à leur recepveur, la somme de neuf mil livres tournois pour emploier aus dictz bastimens. Laquelle ordonnance il a mise es mains de mes dictz sieurs, dont ilz l'ont très humblement remercyé.
Le 6 juin de cette année, la totalité des travaux à exécuter fut mise en adjudication publique, auprixdei35 livres tournois la toise courante bout à vaut, selon les termes de la délibération du bureau. Trois entrepreneurs se présentèrent, Pierre Robelin, Georges Pathehn et Marin de la Vallée. Celui-ci, ayant offert un
rabais de quarante sols, à l'extinction des feux, fut déclaré adjudicataire. Il se mit à l'œuvre lentement. Le i6 février 1606, la façade sur la place de Grève était achevée, ainsi que le constate l'inscription suivante, ajoutée, au-dessus de la porte d'entrée, à celle placée en i533 :
AT HENRI IV, FRANCORUM ET NAVARRORUM REGE INVICTISSIMO, FRANCIS. MYRON PROPR/E TORE ET DECURIONUM PR.EFECTO, P. SAINC- TOT, J. DE LA HAYE, G. DE FLECELLES ET N. BELUT, DECURIONIBUS, HOC OPUS SUPERIORUM TEMPORUM FORTUNA INTERMISSUM, A SOLO AD FASTIGIUM USQUE CONTEXTU -EDIFICII REPETI- TUM EST. M. DC. VI.
(( Mais SOUS Henri IV, roi invincible de France et de Navarre, François Miron, prévôt des marchands, P. Sainctot, J. de La Haye, G. de Flecelles et N. Belut, échevins, ce monument, interrompu par les événements des temps antérieurs, a été repris du sol jusqu^à son sommet. 1606. »
Les maîtres des oeuvres de l'Hôtel de Ville étaient, à ce moment, Pierre Guillain, le fils du gendre de Pierre Chambiges, et Charles Marchand; ils décidèrent que la charpente de cette partie du monument « auroit la forme, structure et façon du comble de la grand' salle du Louvre «. Dans le devis, le grand cadran qui surmonte la façade de 1" Hôtel de Ville est désigné comme achevé, ainsi que les pilastres, moulures, enrichissement, corniche, altique et fronton qui Tenvironnent; il est question délever deux étages à jour, en forme de lanterne, « qui doivent surmonter ce cadran, et au dernier desquels sera mis ung timbre ou cloche pour servir d'horloge ».
Les travaux d'achèvement ne marchent point cependant au gré du bureau de la ville. Le 21 mars de l'année 1608, leS magistrats municipaux ordonnent à Pierre Guillain, maître des œuvres de maçonnerie, à Marin de la Vallée, entrepreneur, et à quatre
maîtres jurés de divers états, qui avaient été commis à la surveillance des travaux, de se rendre au bureau de l'Hôtel de Ville, (c pour être entendus par leur bouche, est-il dit dans l'acte, sur le faict d'iceulx ouvrages, et la résolution prise estre portée incontinent à Sa Majesté pour en ordonner, et estre son commandement exécuté ».
Une nouvelle discussion s'éleva, le même mois, entre Marin de la Vallée et le bureau, au sujet de quelques modifications que le maître des oeuvres avait apportées dans l'architecture de la façade. Marin de la Vallée avait la prétention que cet ouvrage lui fût payé au même prix que celui de la façade; Pierre Guillain soutenait le contraire. On soumit le différend à l'examen de quatre jurés du roi en l'office de maçonnerie, parmi lesquels nous voyons figurer un Pierre Chambiges, fils ou neveu du premier Pierre Chambiges. Les experts donnèrent raison au maître des œuvres de maçonnerie. L'inscription suivante gravée sur marbre noir, placée derrière la statue de Henri IV, constatait l'achèvement d'une partie des travaux en 1608.
DU RÈGNE DU TRÈS CHRESTIEN HENRI IV. ROY DE FRANCE ET DE NAVARRE, ET DE LA PRÉVOSTÉ DE MONSIEUR MAISTRE JACQUES SANGUIN, SIEUR DE LIVRY, CONSEILLER DU ROY EN LA COUR DU PARLEMENT : ET DE l'eSCHEVINAGE DE MAISTRE GERMAIN GOUKFÉ, ADVOCAT EN LADICTE cour, JEAN DE VAILLY, SIEUR DU BREUIL DU PONT, MAISTRE PIERRE PARFAICT, GREFFIER EN l'ÉLECTION, ET CHARLES CHARBONNIERES, CONSEILLER DU ROY ET AUDITEUR EN SA CHAMBRE DES COMPTES, CESTE SALLE A ESTÉ PARACHEVÉE, LE PAVILLON DU COSTÉ DU SAINCT- ESPRIT KNCOMMENCÉ, LES COLOMPNES APOSÉES, ET LA TOUR A HUICT PANS ESLEVÉE POUR l'hoRLOGE. MIL SIX CENS HUICT.
Marin de la Vallée, malgré toutes les contestations et les difficultés qu'il avait eues avec le bureau de la ville, venait d'être déclaré adjudicataire des travaux de construction du pavillon du côté du Saint-Esprit. Ce pavillon, destiné à compléter l'ordonnance de la façade, devait avoir, d'après le devis dressé par Pierre
Chambiges, François Petit, Claude Guérin et Claude Villefaus, « pareille forme, structure, époisse (épaisseur), façon et qualité de matières » que celui de l'arcade Saint-Jean ; et « du costé dudict hospital conserver en icelluy les retraictes, ressaulz et retours d'ornemens" ». Marin de la Vallée l'avait emporté sur six compétiteurs, par suite d'un rabais de sept livres tournois par toise, rabais qu'il offre « pour le désir qu'il a de servir la ville et continuer la besoigne qu'il a commencée «. L'entrepreneur s'engage, le 4 février 1610, à rendre le pavillon « faict de maçonnerye à haulteur pour mettre les plattes-formes de charpenterie dessus, dedans, le quinzième jour de may prochainement venant ». Pour prévenir, sans doute, le renouvellement des difficultés qu'avait soulevées la négligence apportée, précédemment, par Marin de la Vallée à l'exécution rapide des travaux, il avait été inséré dans le marché la clause suivante : « Et sera ledict de la Vallée payé par chacune sepmaine de la besongne qu'il aura faicte la sepmaine, laquelle à ceste fin sera thoisée par ledict Guillain, lequel marquera ladicte besongne en Testât qu'elle est à présent, pour recongnoistre la besongne que ledict de la Vallée aura faicte la sepmaine pour en estre payé. »
Au mois de septembre 1618, on procéda à l'adjudication des travaux du corps de logis donnant sur la cour à gauche, derrière le pavillon du Saint-Esprit, travaux qui devaient compléter ainsi l'édifice municipal". Le devis en fut rédigé par Augustin Guillain, successeur de Pierre Guillain dans son office de maître des œuvres de maçonnerie de la ville de Paris. Après trois au-
-i. Voir aux annexes le texte complet du devis de ce pavillon, qui présente un grand intérêt. 2. La première adjudication de ces travaux, qui eut lieu le mercredi 12 septembre 1618, n'ayant pas été couverte, fut affichée de nouveau pour le samedi suivant. Ce jour. Marin de la Vallée offrit trente-trois livres tournois la toise, ou dix-huit mille livres pour le tout. Jehan Antissier, seul
compétiteur, offrit trente livres par toise. Cette enchère, ayant été regardée comme insuffisante, fut remise au mardi 18 septembre. Ce jour, Nicolas Caillon offrit seize mille livres tournois en bloc, ou vingt-neuf livres tournois la toise; Thomas Taffany en offrit vingt-sept.
L'adjudication fut renvoyée au samedi, mais n'eut aucun effet. Enfin, le mardi 5 octobre 1618,
diences, Marin de la Vallée fut de nouveau déclaré adjudicataire de ces travaux, moyennant une somme de quinze mille six cents livres tournois. Il avait eu trois concurrents : Jehan Antisier, Nicolas Caillon et Thomas Taffany. Ces travaux ne furent achevés qu'en 1628. Marin de la Vallée en avait dû recommencer une partie, sur l'ordre du maître des œuvres, déclarant qu'ils n'étaient point exécutés conformément au devis et aux conditions du marché. Pour consacrer cette date, Marin de la Vallée fit placer au plafond du portique, à l'angle gauche de la cour, l'inscription suivante :
HaNC. iEDIFICIORVM. MOLEM.
MvLTis. Iam. Annis. Inchoatam.
Et. Affectam. Marinvs. De. la.
Vallée. Architectvs. Parisin.
SvscEPiT. An. 1606. Et, Ad. Vlti.
Mam. Vsque. Periodvm. Fœlici.
Ter. Perdvxit. An. Sal. 1628.
« Marin de La Vallée, architecte parisien, a entrepris l'année 1606, ce grand édifice longtemps inachevé et imparfait et l'a heureusement terminé l'an du salut 1628. »
Le titre d'architecte, que se donne Marin de la Vallée dans cette inscription, est fait pour surprendre. Jusque-là il figurait, dans les documents administratifs, avec la simple qualité de « Juré du Roy en l'office de maçonnerie « ou bien » d'entrepreneur des
Marin de la Vallée se rendit adjudicataire des travaux moyennant quinze mille six cents livres tournois. Ce marché, qui se passait au grand bureau de l'Hôtel de Ville en présence du procureur de la ville et de Guillain, le maître des œuvres, paraît avoir été conclu contre la volonté de ce dernier. En remettant jusqu'à trois fois l'adjudication des travaux, il semble avoir eu pour but d'écarter un entrepreneur puissant et riche, qui l'avait toujours
emporté sur ses confrères. [Registres de l'Hôtel de Ville analysés par Leroux de Lincy dans son Histoire politique et administrative de l'Hôtel de Ville de Paris. Victor Calliat a exécuté pour cet ouvrage (Ducher et C"', éditeurs) une série de gravures représentant, avec une précision de détails extraordinaire, une partie de l'œuvre architectural. Nous avons reproduit trois de ces planches, après les avoir fait réduire fort habilement.
ouvrages de maçonnerie ». A la suite de quel compromis, ou sous la pression de quelles hautes et menaçantes influences, Augustin Guillain, qui vivait encore à cette date, avait-il pu consentir à l'apposition d'un document officiel et public où la vérité était ainsi altérée à son préjudice ? Les chroniques de ce temps, les registres de la ville ne contiennent à ce propos aucun renseignement, aucune allusion.
GALERIE DES FETES, H. L
Bellel isiux
loiD A- Quannn
LE PONT DE CHAMPIGNY Galène du Secrétariat
l'agriculture, par L. BEN ou ville (saLLE DES CARIATIDE s)
SECONDE PÉRIODE