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RUE SAINT- JEAN

Cette rue, en 1716, ne partait que du coin du jardin des Pauvres de l'Hôtel-Dieu et finissait aux fortifications ; et ce jardin des Pauvres occupait le terrain qui sert de site à l'hôtel d'Albion et ses dépendances.

Cette rue doit son nom à Jean, Bourdon, ingénieur en chef et procureur de la Nouvelle-France, où il arriva, en 1634, (le 8 août) avec M. LeSueur de Saint-Sauveur, prêtre. Il obtint, en 1637 et en 1639, les seigneuries de Dombourg et Neuville, aujourd'hui la paroisse de Sainte-Jeanne de Neuville. Il prit possession de la baie d'Hudson, au nom du roi, en 1656 ; il fut membre du Conseil Souverain dès l'année de sa formation, en 1663; mais s'étant montré hostile aux injustes prétentions du gouverneur de Mésy, il fut destitué, en

1665, sans aucune forme de procès, et ** renvoyé en France," dit un document que j'ai sous les yeux. Il dut revenir au pays, cependant, puisque Mgr Tanguay dit : " Homme d'une haute réputation, probité et intelligence, il fut inhumé dans la chapelle du Scapulaire, eu l'église de N.-D. de Québec."

Il avait droit au titre de Sieur de Saint-François. Il s'était marié à Québec, en 1635, à Jacqueline Potel, morte en 1654, à la suite d'une chute. L'année suivante, il se remariait à Anne G-asnier, veuve de Jean-Clément du Yault, seigneur de Monceaux et chevalier de Saint-Louis. Il n'eut point d'enfant de cette femme ; mais il en eui 8 de la première, dont 4 filles.

Ces quatre filles se firent toutes religieuses. L'aînée, Geneviève, née en 1638, devint religieuse ursuline sous le nom de Sœur Saint-Joseph ; la dernière des filles, par ordre de naissance, Anne, née en 1644, se fit aussi ursuline sous le nom de Mère Sainte- Agnès, et fut la sixème supérieure de cet ancien cloître fondé, ici, en 1639, par Mme de la Peltrie.

La deuxième fille, Marie, née en 1640, se fit hospitalière sous le nom de Sœur Marie-Thérèse de Jésus ; la troisième, Marguerite, née en 1642, devint aussi Sœur hospitalière et fut l'une des quatre fondatrices de l'Hôpital Général, en 1693.

Enfin, Jean Bourdon traça, en 1641, la première •carte du Canada français. Mgr Tanguay a annexé une copie fac-similée de cette carte à la fin du • premier volume de son Dictionnaire Généalogique.

Quant à M. Jean LeSueur de Saint-Sauveur, prêtre qui vint au pays en même temps que Jean Bourdon, il prit ce nom de Saint-Sauveur parce qu'il avait été curé de Saint-Sauveur de Thury, en Normandie. Il fut le premier prêtre séculier du pays. Il fut d'abord chapelain de l'Hôtel- Dieu de Québec et desservit la chapelle Saint- Jean, sur le coteau Sainte-Geneviève, où demeurait Jean Bourdon. Il mourut à PHôtel-Dieu, en 1668, à l'âge de 70 ans.

Mgr Laugevin (Noies sur les archives de Notre- Dame de Beauport, p. 117) dit : " Un des faubourgs ■de Québec porte aujourd'hui le nom de Saint- Sauveur en souvenir de ce vénérable prêtre."

Le faubourg de Saint-Sauveur fait partie de la ville de Québec depuis un an.

Il n'y avait qu'un marchand sur la rue Saint- Jean, en 1716 : Charles de Blé, établi dans les environs de l'encoignure de cette rue et de la Cote du Palais. On y trouvait aussi un cabaretier et une cabaretière : Louis d'Autrèpe dit La Noix et Marguerite Boutin, veuve de Jacques Quesnel. Un cordonnier et un forgeron habitaient

aussi cette rue. Deux Anglais : Jean Willy ou plutôt WilltSj natif'd'Oxford, Angleterre, cordonnier, et Thomas Le Golden, journalier, étaient établis sur cette rue.

Sur la rue Saint-Jean demeurait encore Paul Denis de Saint-Simon, conseiller. Sa résidence était à une petite distance des fortifications.

Paul Denis, Sieur de Saint-Simon, grand prévôt de la Maréchaussée et conseiller, était marié à Louise-Madeleine Des Peiras (Mgr Tanguay dit : Marie Madeleine Depeiras) ; il eut 13 enfants. Une des filles de cette nombreuse famille, Marie- Angélique, se fit hospitalière sous le nom de Sœur Saint-Hyacinthe ; elle mourut en 1750, âgée de 66 ans. Alexandre, son frère, se fit prêtre, le 14 juillet 1720, et mourait un peu plus d'un an après, ayant desservi seulement la paroisse de Saint-Jean, lie d'Orléans. Il n'avait que 25 ans et 4 mois.

RUE QUI EST LE LONG DU JARDIN DU FORT (aujourd'hui : la rue des Carrières)

Il n'y avait que 3 feux ou habitations, renfermant 24 âmes. C'étaient, en partant du côté nord : Pierre Ohauvet dit La Grerne, sa femme et 5 enfants ; Jean Marchessault dit Laramée, charretier, avec sa femme, 1 enfant et 1 cousine, et

Pierre Le Vasseur, menuisier, avec sa femme et 11 enfants.

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