RUE DE LA CANOTERIE
Cette rue qui a conservé son nom jusqu'à ce jour, avait à peu près le même parcours qu'elle a maintenant, sous le nom de Côte de la Canoterie. Dans les commencements de la colonie, il n'y avait pas de rue Saint-Paul (elle n'a été ouverte que vers 1816) ; là où elle passe aujourd'hui, c'étaient les eaux du fleuve qui venaient, à chaque maTée haute, baigner le pied de la falaise. Les Jésuites qui allaient souvent à leur chapelle établie sur les bords de la rivière appelée par les Montagnais Cabir-Coubat, Sainte- Croix par Jacques-Cartier, et rivière Saint- Charles par nous, tenaient amarrés au pied du cap et là où finit aujourd'hui la Côte de la Canoterie, leurs canots. Dans le temps, cette rue ne fat qu'un sentier taillé en biais dans le flanc du cap, que suivaient les bons Pères pour se rendre à leur canoterie.
En descendant, aujourd'hui, de la Haute-ville pour se rendre à cette côte de la Canoterie, il y a, aux remparts, à l'endroit où elle commence, une autre rue qui porte un beau nom historique : celui de Dambourgès.
Le colonel François Dambourgès vint au pays en 1763. Par son héroïsme, il contribua à la défaite d'Arnold, au Sault-au-Matelot, le 31
décembre de 1775. En 1791, il représentait le comté de Devon, aujourd'hui Montmagny. Carieton, devenu lord Dorchester et gouverneur anglais, le nomma colonel de milice en récompense de ses services. Dambourgès mourait en 1798, à Montréal.
Il y avait, sur le haut de la côte de la Cauoterie, en 1716, deux habitations avec 17 âmes. C'étaient: Alexandre Devins dit La Rose, avec sa femme et 6 enfants, et Guillaume Gaillard, conseiller (veuf) avec 5 enfants et 3 domestiques.
Guillaume Gaillard, " conseiller, bourgeois et seigneur de l'île et comté de Saint-Laurent " (lie d'Orléans), mourut en 1729, à ( Québec, âgé de 60 ans ; il fut inhumé dans l'église.
Il se maria deux fois : 1° en 1690 avec Marie Nepveu, décédée en 1714 ; 2 U avec Louise Catherine Denis, en 1719. Il eut 13 enfants de sa première femme, et il n'en eut pas de la seconde. Deux de ses filles, Marie-Louise et Louise-Claire, se firent religieuses ursulines sous le nom, la première, de Sœur de la Sainte-Vierge, et l'autre sous celui de Sœur Saint-Thomas. Celle-ci mourait en 1773, celle-là, en 1764.