‹ L'ancien Québec, descriptions, nos archives, etc. [microforme]Chapitre 7 sur 37 · LES BESOINS DE NOTRE PROVINCE · texte numérisé non relu

LES BESOINS DE NOTRE PROVINCE

Dans l'étude qui suit, l'on verra quels sont les besoins immédiats, les plus pressants, de la province de Québec, et l’on verra, en mème temps, les mesures déjà adoptées par le gouvernement- Mercier comme remèdes à ces besoins.

lo. Notre province avait besoin d’un homme ferme, énergique et d'action surtout pour maintenir envers et contre tous notre autonomie menacée, nos institutions et notre langue.

Cet homme, nous l'avons déjà dans la personne de M. Mercier et dans la persoune des collègues dont il a su faire un choix si judicieux.

20. Nous avons besoin de voir mener à bonne fin toutes les grandes réformes entreprises, comme travaux publics, développem:nt du nord de la province, de la région du lac Saint-Jean, ete., au moyen d'un réseau complet de ch2mins de fer

30, On a aussi besoin d'une direction sage et ferme pour continuer la réforme accomplie en faveur de l’agriculture et de la colonisation du pays. Ce que nous avons déià sous ce rapport, c'est en partie l'œuvre de Mgr Labelle, La pro-

vince salt qu'elle peut compter sur cet homme corame on peut compter sur un ami éprouvé.

40. La province a encore busoin d'une tête lucide, d'un bras ferme, d’un homme de cœur pour mener à bonne fin ses destinées actuelles à un autre point de vue: l'éducation populaire des classes ouvrières.

La question ouvrière, comme on le sait, ébranle les assists de la société moderne : heures de travail, question du salaire, question des logements salubres, du travail des enfants dans les manufactures, sociétés coopératives, éducation des enfants de la classe ouvriere, moralisation des ateliers, ete., telles sont les questions à la solution desquelles les têtes couronnées, les gouvernements s'appliquent d'une manière spéciale. L'Eglise catholique, le Souverain Pontife en tête, étudie ces questions, s'efforce d'appliquer aux maux de la classe ouvrière les remedes convenables. Le premier, M. Mercier a eu la généreuse initiative de subventionner les écoles du soir pour la classe ouvrière ; nous croyons que M. Mercier completera son œuvre, Après les classes du soir pour les homnes, nous aurons les classes pour les femmes des ouvriers ou les femmes ouvrières.

I y a aussi l'éducation élémentaire dans les campagnes, qui devra attirer l'attention du gouvernement.

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Si le peuple doit bénéficier plus particulièrement que toute autre classe de la population de l'adoption de ces mesures, nous devons apprendre à ce même peuple à savoir prêter main-forte à vr gouvernement si bien disposé en sa faveur.

Mais on a dit et répété, dans une certaine presse, et l'on dira et répètera encore que le gouvernement dépense trop ! Oui, il dépense beaucoup, et ne s’en défend pas; mais que l’on veuille donc bien nous dire depuis quand on peut faire quelque chose avec rien ? Ni nous voulons sortir de l’ornière, de Ja routine, progresser, en un mot, il faut imiter les autres pays ; délier les cordons de notre bourse, D'ailleurs, l'argent dépensé en faveur de l'instruction bien entendue, en faveur de l’Agriculture et de la Colonisation, n'est-ce pas un argent placé à de gros intérêts ?

50. I] ya ausaila question des asiles des aliénés. M. Mercier, jusqu'ici, a témoigné d'un désir sincère d'agir de bonne foi et pour les meilleurs intérêts du pays, en respectant les contrats passes, en défendant les Sœurs et les protégeant, tout en maintenant les droits incontestables de l'Etat. L'Episcopat a approuvé sa conduite.

60. Le peuple de notre province a ramené, je crois, M. Mercier au pouvoir, à cause, surtont, de la délicate question des rapports de l'Eglise et de

l'Etat et à cause de la solution heureuse, pacifique, honorable qu'il a donnée, avec le Pape, à cette épineuse question des Biens des Jésuites, pendante depuis un siècle et qui avait fait le désespoir des gouvernants puüsillanimes précédents.

Les rapports de l'Eglise et de l'Etat, dans notre province, ne se bornent pas à cette question des Jésuites seulement ; il y a la question de l’éducation, la question des asiles, la question de la colonisation, la question des registres de l'état civil, la question des institutions de charité et d'éducation, ete. Nur toutes ces nombreuses questions, le gouvernement actuel a manifesté le désir sincère d'aplanir les difficultés existantes, de maintenir l'union des deux pouvoirs, d'accorder à l'Eglise tous ses droits et toutes ses immunités

70. La colonisation, par exemple. À Ja demande des évêques et de la société de colonisation, le gouvernement-Mercier a aboli les deux réserves forestières et du pin, qui nuisaient tant à la colonisation. Le clergé a été satisfait,

À la tête de ce département (Agriculture et Colonisation), M. Mercier a, à l'admiration de l'Europe, placé un prêtre éminent, le curé Labelle, qui a une grande expérience pratique unie à un

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zèle ardent pour les intérêts de la colonisation. En Europe, la France et d'autres pays ont applaudi à cet acte de haute politique. Paris a fèté Mgr Labelle ; il a été le lion du jour dans la capitale française, La Belgique lui à fait le meilleur accueil. De tous ces voyages, le grand apôtre de la colonisation, dans notre province, va rapporter une plus grande expérience en matieres agricoles et pourra mener à bonne fin les réformes déjà entreprises.

L'idée des 100 acres de terre accordés aux parents de douze enfants vivants, est de Mgr Labelle. Celle d'accorder des bourses aux enfants de cultivateurs pour leur faire faire des études agricoles, l’ordre du Mérite Agricole, ce sont là quelques-unes des idées pratiques de ce prêtre, de ce grand Canadien. Le peuple à donc bien fait de laisser à M. Mercier le temps de mürir ses plans, ses réformes, pour le bien de notre province.

80 Il y a aussi la question d'émigration et de rapatriement. [1 nous faut une honne loi des terres pour encourager comme il le faut la colonisation et arrêter le fléan de l'émigration, qui décime notre province. Le gouvernement a fait un pas immense en ouvrant aux colons les vastes cantons de l'Outaouais, que les lois de 1882 et 1883 avaient pratiquement fermés à la colonisation, au profit

des marchands de bois. C’est un des meilleurs moyens de retenir nos compatriotes au pays et de les détourner des centres américains.

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