‹ L'ancien régime (volume 2)Chapitre 127 sur 192 · De Vaublanc, I · texte numérisé non relu

De Vaublanc, I

grands ont beau condescendre, « accueillir avec une égale «et douce bonté tous ceux qui leur sont présentés »; chez le duc de Penthièvre les nobles mangent avec le maître de la maison, les roturiers dînent chez son premier gentilhomme et ne viennent au salon que pour le café. Là ils « trouvent en force et le ton haut » les autres qui ont eu l'honneur de manger avec son Altesse et « qui ne man- « quent pas de saluer les arrivants avec une complaisance « pleine de protection '. » Cela suffit ; le duc a beau . pous- « ser les attentions jusqu'à la recherche »; Beugnot, si pliant, n'a nulle envie de revenir. — On leur garde rancune, non-seulement des saluts trop courts qu'ils font, mais encore des révérences trop grandes qu'on leur fait! Champfort conte avec aigreur que d'Alembert, au plus hau t de sa réputation étant chez Mme du Deffant avec le président Hénault et M. de Pont-de-Veyle, arrive un médecin nommé Fournier, qui en entrant dit à Mme du Deffant : « Madame, j'ai l'honneur de vous présenter mon Irès- « humble respect » ; au président Hénault : « Monsieur, j 'a K bien l'honneur de vous saluer » ; à M. de Pont-de-Veyle : «Monsieur, je suis votre très-humble serviteur », et à « d'Alembert : « Bonjour, Monsieur». » Quand le cœur est révolté, tout est pour lui sujet de ressentiment. Le Tiers, à l'exemple de Rousseau, sait aux nobles mauvais gré de tout ce qu'ils font, bien mieux, de tout ce qu'ils sont, de leur luxe, de leur élégance, de leur badinage, de leurs façons fines et brillantes. Champfort est aigri par les poli-

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