‹ L'ancien régime (volume 2)Chapitre 133 sur 192 · Floquelj Histoire du parlement de Normandie, VII · texte numérisé non relu

Floquelj Histoire du parlement de Normandie, VII

« son pain à cause de la taille, » persuadé « qu'il est un « homme perdu si l'on peut se douter qu'il ne meurt pas « de faim*. » En 1739, d'Argenson écrit dans son jour- « nal * : « La disette vient d'occasionner trois soulève- « ments dans les provinces, à Ruffec, à Gaen et à Ghinon. « On a assassiné sur les chemins des femmes qui poT- « talent du pain.... M. le duc d'Orléans porta l'autre jour « au conseil un morceau de pain, le mit devant la table « du roi et dit : « Sire, voilà de quel pain se nourrissent « aujourd'hui vos sujets.... » — « Dans mon canton de « Touraine, il y a déjà plus d'un an que les hommes « mangent de l'herbe. » — De toutes parts la misère se rapproche ; « on en parle à Versailles plus que jamais. « Le roi interrogeant l'évêque de Chartres sur l'état de ses « peuples, celui-ci a répondu que la famine et la morta- « lité y étaient telles, que les hommes mangeaient l'herbe « comme des moutons et crevaient comme des mouches. » En 1740*, Massillon évoque de Glermont-Ferrand, écrit à Fleury : « Le peuple de nos campagnes vit dans une mice sère affreuse, sans lits, sans meubles; la plupart même, « la moitié de l'année, manquent du pain d'orge et d'a- « voine qui fait leur unique nourriture et qu'ils sont obli- « gés d'arracher de leur bouche et de celle de leurs en- « fants pour payer les impositions. J'ai la douleur, chaque « année, de voir ce triste spectacle devant mes yeux, dans « mes visites. G'est à ce point que les nègres de nos îles « sont infmiment plus heureux; ca'r, en travaillant, ils « sont nourris et habillés, avec leurs femmes et leurs en- « fants; au lieu que nos paysans, les plus laborieux du « royaume, ne peuvent, avec le travail le plus dur et le K plus opiniâtre, avoir du pain pour eux et leur famille, et

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