‹ L'ancien régime (volume 2)Chapitre 150 sur 192 · Procès-verbaux de Vass. prov. de Berry (1778) I, p · texte numérisé non relu

Procès-verbaux de Vass. prov. de Berry (1778) I, p

le moindre. Contre le collecteur et le receveur, il n'a qu'une ressource, sa pauvreté simulée ou réelle, involontaire ou volontaire. « Tout taillable , dit encore l'as- « semblée provinciale du Berry, redoute de montrer ses « facultés; il s'en refuse l'usage dans ses meubles, dans « ses vêtements, dans sa nourriture et dans tout ce qui « est soumis à la vue d'autrui. » — « M. de Choiseul- « Gouffier * voulant faire à ses frais couvrir de tuiles les a maisons de ses paysans exposées à des incendies, ils a le remercièrent de sa bonté et le prièrent de laisser « leurs maisons comme elles étaient, disant que, si elles « étaient couvertes de tuiles au lieu de chaume, les sub- « délégués augmenteraient leurs tailles. » — « On tra- « vaille, mais c'est pour satisfaire les premiers besoins. «... La crainte de payer un écu de plus fait négliger au « commun des hommes un profit qui serait quadruple*. » ^- « ... De là, de pauvres bestiaux, de misérables outils « et des fumiers mal tenus, môme chez ceux qui en pource raient avoir d'autres'. » — « Si je gagnais davantage, « disait un paysan, ce serait pour le collecteur. » La spoliation annuelle et illimitée « leur ôte jusqu'au désir de K l'aisance. » La plupart, pusillanimes, défiants, engourdis, « avilis, » « peu différents des anciens serfs*, » ressemblent aux fellahs d'Egypte, aux laboureurs de l'Indoustan. En effet, par l'arbitraire et l'énormité de sa créance, le fisc rend toute possession précaire, toute acquisition vaine, toute épargne dérisoire; de fait, ils n'ont à eux que ce qu'ils peuvent lui dérober.

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