Corr'fip., parMétraj V, 179 (22 novembre
maîne recèle ainsi ses révoltés qui ont de la poudre, des balles et qui savent s'en servir.
Autre recrue d'émeute, les contrebandiers et les fauxsaulniers*. Dès qu'une taxe est exorbitante, elle invite à la fraude, et suscite un peuple de délinquants contre son peuple de commis. Jugez ici du nombre des fraudeurs par le nombre des surveillants : douze cents lieues de douanes intérieures sont gardées par 50 000 hommes, dont 23 000 soldats sans uniforme*. « Dans les pays de « grande gabelle et dans les provinces des cinq grosses « fermes, à quatre lieues de part et d'autre le long de .< la ligne de défense, » la culture est abandonnée; tout le monde est douanier ou fraudeur». Plus l'impôt est excessif, plus la prime offerte aux violateurs de la loi devient haute, et, sur tous les confins par lesquels la Bretagne touche à la Normandie, au Maine et à l'Anjou, quatre sous pour livre ajoutés à la gabelle multiplient au delà de toute croyance le nombre déjà énorme des fauxsaulniers. « Des bandes nombreuses* d'hommes, armés « de frettes ou longs bâtons ferrés et quelquefois de pisto- « lets ou de fusils, tentent par force de s'ouvrir un pas- « sage. Une multitude de femmes et d'enfants de l'âge « le plus tendre franchissent les lignes des brigades, et, « d'un autre côté, des troupeaux de chiens conduits dans « le pays libre, après y avoir été enfermés quelque temps « sans aucune nourriture, sont chargés de sel que, pres-
1. Beugnotj I, 142. « Pas un seul des habitants de la baronnie de Choiseul « ne ee mêla à ces bandes composées des patriotes de Montigny, de contre- « bandiers ou de mauvais sujets des environs. » — V. sur les braconniers du temps, Les deux amis de Bourbonne, par Diderot.
2. De Galonné, Mémoires présentés à l'ass. des notables, w 8. — Nccker, De V Administration des Finances, I, 195.