Arthur Young, I
4. Corresp. secrète inédile de 1777 à 1792, publiée par M. de Lescure II, 351. (8 mai 1789). Cf C. Desmoulins, la Lanterne : sur 100 émeutiers, aiTèlés à Lyon, 96 étaient marques.
5. De Bezenval, II, 344, 350. — Dussault, to i'rtse de la Bastille, 352. — Marniontel, II, ch. xiv, 249. — Mme Vigée-Lebrun, I, 177, 188.
« A Paris, dit Mercier *, il est mou, pâle, petit, rabou- « gri, » maltraité, « et semble un corps séparé des autres « ordres de l'État. Les riches et les grands qui ont équi- « page ont le droit barbare de l'écraser ou de le mutiler « dans les rues.... Aucune commodité pour les gens de « pied, point de trottoirs. Cent victimes expirent par an « sous les roues des voitures. » « Un pauvre enfant, dit Arthur Young, a été écrasé sous nos yeux et, plusieurs « fois, j'ai été couvert de la tête aux pieds par l'eau du « ruisseau. Si nos jeunes nobles allaient à Londres, dans « les rues sans trottoir, du même train que leurs frères « de Paris, il se verraient bientôt et justement rossés de « la bonne manière et traînés dans le ruisseau. » — Mercier s'inquiète en face de ce populaire immense. « Il y a « peut-être à Paris deux cent mille individus qui n'ont « pas en propriété absolue la valeur intrinsèque de cin- 'i quante écus ; et la cité subsiste ! » Aussi bien l'ordre n'est maintenu que par la force et la crainte, grâce aux soldats du guet que la multitude appelle tristes-à-patte. « Ce sobriquet met en fureur cette espèce de milice qui « appesantit alors les coups de bourrade et qui blesse « indistinctement tout ce qu'elle rencontre. Le petit peuple » est toujours sur le point de lui faire la guerre, parce « qu'il n'en a jamais été ménagé. » A la vérité, « une es- « couade du guet dissipe souvent sans peine des pelotons « de cinq à six cents hommes qui paraissent d'abord fort « échauffés, mais qui se fondent en un clin-d'œil, dès que « les soldats ont distribué quelques bourrades et gantelé « deux ou trois mutins. » — Néanmoins, « si l'on aban- « donnait le peuple de Paris à son premier transport, s'il « ne sentait plus derrière lui le guet à pied et à cheval, « le commissaire et l'exempt, il ne mettrait aucune mesure « dans son désordre. La populace délivrée du frein auquel
1. Mercier, I, 32, VI, 15, X, 179, XI, 59, XII, 83. - Arthur Young, I, 122.
« elle est accoutumée, s'abandonnerait à des violences ,« d'autant plus cruelles qu'elle ne saurait elle-même où ,« s'arrêter.... Tant que le pain de Gonesse ne manquera ,« pas, la commotion ne sera pas générale ; il faut que la K halle* y soit intéressée, sinon les femmes demeureront « calmes.... Mais si le pain de Gonesse venait à manquer « pendant deux marchés de suite, le soulèvement serait « universel, et il est impossible de calculer à quoi se por- « terait cette grande multitude aux abois, qui voudrait a se délivrer de la famine, elle et ses enfants. » — En 1789, le pain manque à Gonesse et dans toute la France.
1. Dialogues sur le commerce des blés, par Galiani (1770). « Si les fort» • de la halle sont contents, il n'arrivera aucun désastre à l'administra- « tion. Les grands conspirent et se révoltent; les bourgeois se plaignent
■ et vivent dans le célibat; les paysans et les aiUsans se dé&espèrent et s'en
■ vont ; les portefaix s'ameutent. •