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Warroquier, ibid. (1789) tome I, passim

2. Mot du comte d'Artois en présentant à sa femme les officiers de sa

maison

les chefs d'emploi ; si, au dessous d'eux, dans les offices, je compte les titulaires nobles, j'y trouve, entre autres, 68 aumôniers ou chapelains, 170 gentilshommes de la chambre ou servants, 117 gentilshommes de l'écurie et de la vénerie, 148 pages, 114 dames de compagnie titrées, en outre tous les officiers jusqu'au plus petit de la maison militaire, sans compter 1400 simples gardes qui, vérifiés par le généalogiste*, sont admis sur ce titre à faire leur cour. Telle est la recrue fixe des réceptions royales ; c'est le trait distinctif de ce régime que les serviteurs y sont des hôtes, et que l'antichambre y peuple le salon.

Non que le salon ait besoin de cela pour se remplir. Étant la source de tout avancement et de toute grâce, il est naturel qu'il regorge ; dans notre société égalitaire, celui d'un mince député, d'un médiocre journaliste, d'une femme à la mode, est plein de courtisans sous le nom de visiteurs et d'amis. — D'ailleurs ici la présence est d'obligation ; on pourrait dire qu'elle est une continuation de l'ancien hommage féodal ; l'état-major des nobles est tenu de faire cortège à son général-né. Dans le langage du temps, cela s'appelle « rendre ses devoirs au roi. « Aux yeux du prince, l'absence serait une marque d'indépendance autant que d'indifférence, et la soumission, aussi bien que l'empressement, lui est due. — A cet égard, il faut voir l'institution dès son origine. Du regard, à chaque instant Louis XIV faisait sa ronde, « à son lever, à son coucher, « à ses repas, en passant dans ses appartements, dans a ses jardins.... aucun ne lui échappait, jusqu'à ceux qui « n'espéraient pas même être vus ; c'était un démérite « aux uns et à tout ce qu'il y avait de plus distingué de « ne pas faire de la cour son séjour ordinaire, aux autres « d'y venir rarement et une disgrâce sûre pour qui n'y

1. Le nombre des chevau-légers et des gendarmes a été réduit en 1775 et 1776; les deux corps sont supprimés en 1787.

« venait jamais ou comme jamais'. » Dorénavant pour Jes premiers personnages du royaume, hommes et femmes, ecclésiastiques et laïques, la grande affaire, le principal emploi de la vie, le vrai travail , sera d'être à toute heure, en tout lieu, sous les yeux du roi, à portée de sa parole ou de son regard. « Qui considérera, dit « Labruyère, que le visage du prince fait toute la féli- « cité du courtisan, qu'il s'occupe et se remplit toute sa « vie de le voir et d'en être vu, comprendra un peu com- « ment voir Dieu fait toute la gloire et toute la félicité « des saints. » Il y eut alors des prodiges d'assiduité et d'assujettissement volontaire. Tous les matins à sept heures, en hiver comme en été, le duc de Fronsac, par ordre de son père, se trouvait au bas du petit escalier qui conduit à la chapelle, uniquement pour donner la main à Mme de Maintenon qui partait pour Saint-Cyr*. » « Pardonnez-moi, Madame, lui écrivait le duc de Richc- « lieu, l'extrême liberté que je prends d'oser vous en- « voyer la lettre que j'écris au roi, par où je le prie à « genoux de qu'il me permette de lui aller faire de Ruel a quelquefois ma cour; car j'aime autant mourir que « d'être deux mois sans le voir. » Le vrai courtisan suivait le prince comme l'ombre suit le corps; tel fut sous Louis XIV le duc de Larochefoucauld grand veneur. « Le « lever, le coucher, les deux autres changements d'ha- « bit tous les jours, les chasses et les promenades du roi « tous les jours aussi, il n'en manquait jamais, quelque- « fois dix ans de suite sans découcher d'où était le roi.

1, Saint-Simon, Mémoires, XVI, 456. — Ce besoin d'être entouré dure jusqu'à la fin ; en 1791, la reine disait amèrement en parlant de la noblesse : « Quand on obtient de nous une démarche qui la blesse, je suis boudée ; « personne ne vient à mon jeu; le coucher du roi est solitaire, on nous pu- « nit de nos malheurs. » (Mme Campan, II, 177).

2. Duc de LéviSj Souvenirs et portraits, 29. — Mme de Maintenon^ Correspondance.

« et sur pied de demander un congé, non pour décou- « cher, car en plus de quarante ans il n'a jamais couché « vingt fois hors de Paris, mais pour aller dîner hors « de la cour et ne pas être de la promenade. » — Si plus lard, sous des maîtres moins exigeants et dans le relâchement général du dix-huitième siècle, cette discipline se détend, l'institution subsiste'; à défaut de l'obéissance, la tradition, l'intérêt et l'amour-propre suffiraient pour peupler la cour. Approcher du roi, être domestique dans sa maison, huissier, porte-manteau, valet de chambre, est un privilège qu'on achète, même en 1789, trente, quarante et cent mille livres ; à plus forte raison sera-ce un privilège, et le plus honorable, le plus utile, le plus envié de tous, de faire partie de sa société. — D'abord, c'est une preuve de race. Un homme, pour suivre le roi à la chasse, une femme pour être présentée à la reine, doit établir au préalable, devant le généalogiste et par pièces authentiques, que sa noblesse remonte à l'an 1400. — Ensuite c'est une certitude de fortune; il n'y a que ce salon pour être à portée des grâces ; aussi bien, jusqu'en 1789, les grandes familles ne bougent pas de Versailles, et, nuit et jour, sont à l'affût. Le valet de chambre du maréchal de Noailles lui disait un soir en fermant ses rideaux : a A quelle heure Monseigneur veut-il a que je l'éveille demain. — A dix heures, s'il ne meurt « personne cette nuit*. » On trouve encore de ces vieux « courtisans, qui « âgés de quatre-vingts ans, en ont bien « passé quarante-cinq sur leurs pieds dans l'antichambre

L M. de V., qui avait la promesse d'une lieutenance de roi ou d'un commandement, la cède à l'un des protégés de Mme de Pompadour, et obtient en écliange le rôle d'exempt dans Tartuffe que des seigneurs de la cour jouaient dans les petits cabinets devant le roi. (Mme de Uausset, 168). « M. de « V. remercia Madame comme si elle l'eût fait duc. »

2. Paris, Versailles et les provinces au dix-huitième siècle. II, 160, 168. — Mercier, Tableau de Paris. IV, 150. — De Ségur, Mémoires. I, 16.

« du roi, des princes et des ministres. » « Vous n'avez « que trois choses à faire, disait l'un d'eux à un débu- «X tant : dites du bien de tout le monde, demandez tout ce K qui vaquera, et asseyez-vous quand vous pourrez. »

C'est pourquoi, autour du prince, il y a toujours foule. Le l"août 1773, la comtesse du Barry présentant sa nièce, « le cortège est si nombreux, partout où cette présentation a passe, qu'on peut à peine traverser les antichambres' » En décembre 1774, à Fontainebleau, où tous les soirs la reine tient son jeu, «l'appartement, quoique vaste, nedés- « emplit pas.... » La presse est telle, qu'on ne peut parce 1er qu'aux deux ou trois personnes avec lesquelles on « joue. » Aux réceptions d'ambassadeurs, les quatorze appartements sont pleins et combles de seigneurs et de femmes parées. Le 1" janvier 1775 la reine « a compté « au delà de deux cents femmes qui se sont présentées « pour lui faire leur cour ». En 1780, à Ghoisy, il y a tous les jours une table de trente couverts pour le roi, une autre de trente couverts pour les seigneurs, outre quarante couverts pour les officiers de garde et les écuyers, outre cinquante couverts pour les officiers de la chambre. J'estime qu'à son lever, à son coucher, dans ses promenades, à sa chasse, à son jeu, le roi a toujours autour de lui, outre les gens de service, quarante ou cinquante seigneurs au moins, plus souvent une centaine, et autant de dames; à Fontainebleau, en 1756, quoiqu'il n'y eut « cette année-là ni fêtes ni ballets, on comptait cent six « dames. » Quand le roi tient « grand appartement, » lorsqu'il donne à jouer ou à danser dans la galerie des

I. Marie- Antoinette, par D'Arneth et GeGroy. II, 27, 255, 281.— Gustave m, par Geffroy, novembre 1786, bulletin de Mme de Staël. — D'Hézecqnes, Ibid, 231 .— Archives Nationales, 0 ' 736. Lettre de M. Amelot, du 23 se|)fembre 1780. — De Luynes, XV, 260, 367, XVI, 268. 163 dames dont 42 de service viennent faire la révérence au roi. 160 hommes et plus de 100 dames Tiennent rendre leurs devoirs au dauphin et à la dauphine.

glaces, quatre ou cinq cents invités, l'élite de la noblesse et de la mode s'ordonnent sur les banquettes ou se pressent autour des tables de cavagnole et de tri'. Voilà le spectacle qu'il faudrait voir, non par l'imagination et d'après des textes incomplets, mais avec les yeux et sur place, pour comprendre l'esprit, l'efTet, le triomphe de la culture monarchique; dans une maison montée, le salon est la pièce principale, et il n'y en eut jamais de plus éblouissant que celui-ci. De la voûte sculptée et peuplée d'amours folâtres, descendent, par des guirlandes de fleurs et de feuillage, les lustres flamboyants dont les hautes glaces multiplient la splendeur; la lumière rejaillit à flots sur les dorures, sur les diamants, sur les têtes spirituelles et gaies, sur les fins corsages, sur les énormes robes enguirlandées et chatoyantes. Les panniers des dames rangées en cercle ou étagées sur les banquettes « forment un riche espalier couvert de perles, a d'or, d'argent, de pierreries, de paillons, de fleurs, de « fruits avec leurs fleurs, groseilles, cerises, fraises artifi- « cielles ; » c'est un gigantesque bouquet vivant dont l'œil a peine à soutenir l'éclat. — Point d'habits noirs comme aujourd'hui pour faire disparate. Coiffés et poudrés, avec des boucles et des nœuds, en cravates et manchettes de dentelle, en habits et vestes de soie feuille morte, rose tendre, bleu céleste, agrémentés de broderies et galonnés d'or, les hommes sont aussi parés que les femmes. Hommes et femmes, on les a choisis un à un; ce sont tous des gens du monde accomplis, ornés de toutes les grâces que peuvent donner la race, l'éducation, la fortune, le loisir et l'usage ; dans leur genre, ils sont parfaits. Il n'y a pas une toilette ici, pas un air de tête, pas

l. Cochin. Estampes, bal masqué, bal paré, jeu du roi et de la reine, nalle de spectacle (1745). — Costumes de Moreau (1777). — Mme de Genli;, Dictionnaire des étiquettes, arlicle parure.

un son de voix, pas une tournure de phrase qui ne soil le chef-d'œuvre de la culture mondaine, la quintessence distillée de tout ce que l'art social peut élaborer d'exquis. Si polie que soit la société de Paris, elle n'en approche pas ' ; comparée à la cour, elle semble provinciale. Il faut cent mille roses, dit-on, pour faire une once de cette essence unique qui sert aux rois de Perse ; tel est ce salon, mince flacon d'or et de cristal j il contient la substance d'une végétation humaine. Pour le remplir il a fallu d'abord qu'une grande aristocratie, transplantée en serre chaude et désormais stérile de fruits, ne portât plus que des fleurs, ensuite que, dans l'alambic royal, toute sa sève épurée se concentrât en quelques gouttes d'arôme. Le prix est excessif, mais c'est à ce prix qu'on fabrique les très-délicats parfums.

Une opération semblable engage celui qui la fait comme ceux qui la subissent. Ce n'est point impunément qu'on transforme une noblesse d'utilité en une noblesse d'ornement*; on tombe soi-même dans la parade qu'on a

1. a II y avait à peu près une différence aussi sensible, entre le ton, le langage de la cour et celui de la ville, qu'entre Paris et les provinces. » (De Tilly, Mémoires, I, 153).

2. Exemple du désœuvrement imposé à la noblesse, dîner de la reine Marie Leczinska à Fontainebleau. « J'arrive dans une salle superbe où je « vois une douzaine de courtisans qui se promenaient, et une table d'au « moins douze couverts, qui pourtant n'était préparée que pour une seule « personne.,.. La reine s'assit et aussitôt les douze courtisans se placèrent « en demi-cercle à dix pas de la table; je me tins auprès d'eux, imitant « leur respectueux silence. Sa Majesté commence à manger fort vite, sans « regarder personne, tenant les yeux baissés sur son assiette. Ayant trouvé « à son goûl un mets qu'on lui avait servi, elle y revint, et alors elle par- • courut des yeux le cercle devant elle.... et dit : « M. de Lowendahl?» — « A ce nom, je vois un superbe homme, qui s'avance en inclinant la télé,

substituée à l'action. Le roi a une cour, il faut qu'il la tienne. Tant pis si elle absorbe son temps, son esprit, son âme, tout le meilleur de sa force active et de la force de l'État. Ce n'est pas une petite besogne que d'être maître de maison, surtout quand à l'ordinaire on reçoit cinq cents personnes; on est obligé de passer sa vie en public et en spectacle. A parler exactement, c'est le métier d'un acteur qui toute la journée serait en scène. Pour soutenir ce fardeau et travailler d'ailleurs, il a fallu le tempérament de Louis XIV, la vigueur de son corps, la résistance extraordinaire de ses nerfs, la puissance de son estomac, la régularité de ses habitudes ; après lui, sous la même charge, ses successeurs se lassent ou défaillent. Mais ils ne peuvent s'y soustraire ; la représentation incessante et journalière est inséparable de leur place et s'impose à eux comme un habit de cérémonie lourd et doré. Le roi est tenu d'occuper toute une aristocratie, par conséquent de se montrer et de payer de sa personne à toute heure, même aux heures les plus intimes, même en sortant du lit, même au lit. Le matin, à l'heure qu'il a marquée d'avance*, le premier valet de chambre l'éveille : cinq séries de personnes entrent tour à tour, pour lui rendre leurs devoirs, et « quoique très-vastes, il y a des jours où les sa- « Ions d'attente peuvent à peine contenir la foule des cour- « tisans. » — D'abord on introduit « l'entrée familière, » enfants de France, princes et princesses du sang, outre

« et dit : « Madame ?» — « Je crois que ce ragoût est une fricassée do « poulet. » — « Je suis de cet avis, Madame. » — Après cette réponse « faite du ton le plus sérieux, le marécbal reprend sa place à reculons, « la reine acheva de dîner sans dire un mot de plus, et rentra dans sou ■ appartement comme elle était venue. » (Casanova, Mémoires).

\. « Sous Louis XVI qui quittait son lit à sept ou huit heures du malin, « le lever était à onze heures et demie, à moins que des chasses ou des cé- « rémonies n'en avançassent l'instant. — • Même cérémonial à onze heures du soir pour le coucher, et dans la journée pour le déboîté. (D'Hézecque, 161).

cela le premier médecin, le premier chirurgien et autres personnages utiles'. — Puis on fait passer la « grande entrée ; » elle comprend le grand chambellan, le grand maître et le maître de la garde-robe, les premiers gentilshommes de la chambre, les ducs d'Orléans et de Penthièvre, quelques autres seigneurs très-favorisés, les dames d'honneur et d'atour de la reine, de Mesdames et des autres princesses, sans compter les barbiers, tailleurs et valets de plusieurs sortes. Cependant on verse au roi de l'esprit devin sur les mains dans une assiette de vermeil, puis on lui présente le bénitier ; il fait le signe de croix et dit une prière. Alors, devant tout ce monde, il sort de son lit, chausse ses mules. Le grand-chambellan et le premier gentilhomme lui présentent sa robe de chambre : il l'endosse et vient s'asseoir sur le fauteuil où il doit s'habiller. — A cet instant, la porte se rouvre ; un troisième flot pénètre, c'est « l'entrée des brevets ; » les seigneurs qui la composent ont en outre le privilège précieux d'assister au petit coucher, et, du même coup, arrive une escouade de gens de service, médecins et chirurgiens ordinaires, intendants des menus-plaisirs, lecteurs et autres, parmi ceux-ci le porte-chaise d'affaires : la publicité de la vie royale est telle que nulle de ses fonctions ne s'accomplit sans témoins. — Au moment où les officiers de la garderobe s'approchent du roi pour l'habiller, le premier gentilhomme, averti par l'huissier, vient dire au roi les noms des grands qui attendent à la porte : c'est la quatrième entrée, dite « de la chambre, » plus grosse que les précédentes ; car, sans parler des porte-manteaux, porte-arquebuse, tapissiers et autres valets, elle comprend la plupart des grands officiers, le grand aumônier, les aumôniers de quartier, le maître de chapelle, le njaître de

1. Warroquier, I, 94. Comparez le détail correspondant sous Louis XIV, dans Saint-Simon, XIII, 88.

l'oratoire, le capitaine et le major des gardes du corps, le colonel général et le major des gardes françaises, le colonel du régiment du roi, le capitaine des Cent Suisses, le grand-veneur, le grand-louvetier, le grand-prévôt, le grand-maître et le maître des cérémonies, le premier maître d'hôtel, le grand-panetier, les ambassadeurs étrangers, les ministres et secrétaires d'État, les maréchaux de France, la plupart des seigneurs de marque et des prélats. Des huissiers font ranger la foule et au besoin faire silence. Cependant le roi se lave les mains et commence à se dévêtir. Deux pages lui ôtent ses pantoufles; le grand-maître de la garde-robe lui tire sa camisole de nuit par la manche droite, le premier valet de garde-robe par la manche gauche, et tous deux la remettent à un officier de garde-robe, pendant qu'un valet de garde-robe apporte la chemise dans un surtout de taffetas blanc. — C'est ici l'instant solennel, le point culminant de la cérémonie ; la cinquième entrée a été introduite, et, dans quelques minutes, quand le roi aura pris la chemise, lout le demeurant des gens connus et des officiers de la maison qui attendent dans la galerie apportera le dernier flot. Il y a tout un règlement pour cette chemise. L'honneur de la présenter est réservé aux fils et aux petits-fils de France, à leur défaut aux princes du sang ou légitimés, au défaut de ceux-ci au grand-chambellan ou au premier gentilhomme; notez que ce dernier cas est rare, les princes étant obligés d'assister au lever du roi, comme les princesses à celui de la reine '. Enfin voilà la chemise présentée ; un valet de garde-robe emporte l'ancienne ; le premier valet de garde-robe et le premier valet de chambre tiennent la nouvelle, l'un par la manche gauche, l'autre par la man-

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