‹ L'ancien régime (volume 2)Chapitre 32 sur 192 · De Luynes IX, 75, 79, 105 (août 1748, octobre · texte numérisé non relu

De Luynes IX, 75, 79, 105 (août 1748, octobre

2. Le roi étante Marly, liste des voyages qu'il fera avant d'aller à Compiègne. (De Luynes, XIV, 163, mai 1755). a Le dimanche 1" juin à Choisy, jusqu'au lundi soir. — Le mardi 3, à Trianon jusqu'au mercredi. — Le jeudi 5, retourne à Trianon où il restera jusqu'à samedi après souper. — Le lundi 9, à Crécy jusqu'au vendredi 13. — Retourne à Grécy le 16 jusqu'au 21. — Le 1" juillet à la Muette, le 2, à Compiègne. •

mercredi, concert chez la reine; mardi et jeudi, les comédiens français; samedi, ce sont les Italiens » : il y en a pour tous les jours de la semaine. A Choisy, écrit la Dauphine*, « depuis une heure où l'on dîne, on est « jusqu'à une heure du matin sans rentrer chez soi.... « Après le dîner, l'on joue jusqu'à six heures, que « l'on va au spectacle qui dure jusqu'à neuf heures et « demie, et ensuite le souper; de là encore jeu jusqu'à « une heure et même la demie quelquefois. » A Versailles, où l'on est plus modéré, il n'y a que deux spectacles et un bal par semaine; mais tous les soirs il y a appartement et jeu chez le roi, chez ses filles, chez sa maîtresse, chez sa bru, outre les chasses et trois petits voyages par semaine. On a compté que telle année Louis XV ne coucha que cinquante-deux nuits à Versailles, et l'ambassadeur d'Autriche dit très-bien que « son genre de vie ne lui laisse « pas une heure dans la journée à s'occuper des affaires a sérieuses. » — Quant à Louis XVI, on a vu qu'il dégage quelques heures dans la matinée; mais la machine est montée et l'entraîne. Gomment se dérober à ses hôtes, et comment ne pas faire les honneurs de chez soi ? Les convenances et l'usage sont aussi des despotes ; ajoutez-en un troisième, plus absolu encore, la vivacité impérieuse et folâtre d'une jeune reine qui ne peut supporter une heure de lecture. A Versailles, trois spectacles et deux bals par semaine, deux grands soupers le mardi et le jeudi; et, de temps en temps, l'Opéra à Paris*. A Fontainebleau, trois spectacles par semaine, les autres jours jeu et souper. L'hiver suivant, la reine donne chaque semaine un bal masqué où la -< composition des habillements, les con-

1. Marie-Antoinette par d'Arneth et Geffroy. I, 19 (12 juillet 1770). I, 265 (23 janvier 1772). I, III (18 octobre 1770).

4. Ib. II, 270 (18 octobre 1774). II, 395 (15 novembre 1775). II, 295 (20 février 1775). III, 25 (U février 1777). III, 119 (17 octobre 1777). III, 409 (18 mars 1780).

« Iredanses figurées en ballets et les répétitions journa- « lières prennent tant de temps que toute la semaine y « passe. » Pendant le carnaval de 1777, la reine, outre ses propres fêtes, a les bals du Palais-Royal et les bals masqués de l'Opéra; un peu plus tard, chez la comtesse Diane de Polignac, j'en trouve un autre où elle assiste avec toute la famille royale, sauf Mesdames, et qui dure depuis onze heures et demie du soir jusqu'à onze heures du matin. Cependant, les jours ordinaires, le pharaon fait rage; dans son salon, « le jeu n'a plus de bornes, » en une soirée, le duc de Chartres y perd huit mille louis. Véritablement cela ressemble au carnaval italien; rien n'y manque, ni les masques, ni la comédie de société : on joue, on rit, on danse, on dîne, on écoute de la musique, on se costume, on fait des parties champêtres, on dit des galanteries et des médisances. « La chanson nouvelle', dit « une femme de chambre instruite et sérieuse, le bon « mot du jour, les petites anecdotes scandaleuses force maient les seuls entretiens du cercle intime de la reine. » — Pour le roi, qui est un peu lourd et qui a besoin d'exercice corporel, la chasse est sa grande affaire. De 1775 à 1789*, récapitulant lui-même ce qu'il a fait, il trouve « cent quatre chasses au sanglier, cent trente-quatre au « cerf, deux cent soixante-six au chevreuil , trente-trois « hourailleries, mille vingt-cinq tirés, » en tout, quinze cent soixante -deux jours de chasse, c'est-à-dire une chasse au moins tous les trois jours; outre cela, cent quarante-neuf voyages sans chasse, et deux cent vingt-trois promenades à cheval ou en voiture. « Pendant quatre « mois de l'année *, il va à Rambouillet deux fois par sea maine et n'en revient qu'après avoir soupe, c'est-à-

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