L'Abbé George!, Mémoires
3. Samte-Deuve, Causeries du lundi, VIII, 63, textes de doux témoins, Blmo de Gcnlis et Roland.
« ambassades. M. leducde Duras a eu jusqu'à 200000 livres « par an pour celle de Aladrid, outre cela 100 000 écus de « gratification, 50 000 livres pour affaires secrètes, et on lui « a prêté pour 400 000 ou 500 000 livres de meubles ou effets « dont il a gardé la moitié'. » — Les dépenses et les traitements des ministres sont pareils. En Ï789, le chancelier a 120000 livres d'appointements, le garde des sceaux 135 000 ; « M. de Villedeuil, comme secrétaire d'État, de- « vait avoir 180 670 livres, mais il a représenté que cette « somme ne couvrait pas ses dépenses, et son traitement « a été porté à 226 000 livres, tout compris*, «D'ailleurs la règle est que, lorsqu'ils se retirent, le roi leur fait une pension de 20 000 livres et donne 200 000 francs de dot à leur fille. — Ce n'est pas trop pour leur train. « Ils sont « obligés de tenir un si grand état de maison, qu'ils ne « peuvent guère s'enrichir dans leur place ; ils ont tous « table ouverte à Paris au moins trois fois par semaine, « et à Versailles, à Fontainebleau, table ouverte tous les a jours*. »M. de Lamoignon étant nommé chancelier avec lOOOOOliv. d'appointements, on juge tout de suite qu'il se ruinera * ; « car il a pris tous les officiers de cuisine de « M. d'Aguesseau dont la table seule allait à 80000 livres. « Le repas qu'il a donné à Versailles au premier conseil a qu'il a tenu a coûté 6000 livres, et il lui faut toujours à « Versailles et à Paris une table d'environ vingt cou-
1. De Luynes, XV, 455 et XVI, 219 (1757). « Le maréchal de Belle Isle avait 1 200 000 livres de dettes contractées, un quart pour ses bâtisses de plaisir, le reste pour le service du roi. Le roi, pour le dédommager, lui donne 400 000 livres sur le produit des salines, et 80 000 livres de rente sur la compagnie qui a le privilège d'affiner les métaux précieux.
2. Con.pte général des revenus et dépenses fixes au 1" mai 1789, p. 633. — Notez qu'il faut doubler tous ces chiffres pour avoir leur équivalent actuel.