Barbier, Journal, 111,211. (déc
« verts. » — A Chambord*, le maréchal de Saxe a tous les jours deux tables, l'une de 60, l'autre de 80 couverts, 400 chevaux dans ses écuries, une liste civile de plus de 100 000 écus, un régiment de hulans pour sa garde, un théâtre qui a coûté plus de 600000 livres, et la vie qu'il mène ou qu'on mène autour de lui ressemble à une bacchanale de Rubens. — Quant aux gouverneurs généraux ou particuliers en province, on a vu que, lorsqu'ils y résident, ils n'ont d'autre emploi que de recevoir ; à côté d'eux, l'intendant qui fait seul les affaires, reçoit aussi et magnifiquement, surtout dans les pays d'États. Commandants, lieutenants généraux, partout les envoyés du centre sont conduits de même, par les mœurs, par les convenances et par leur propre désœuvrement, à tenir salon ; ils apportent avec eux les élégances et l'hospitalité de Versailles. Si leur femme les a suivis, elle s'ennuie et « végète au milieu de cinquante person- « nés, ne disant que des lieux communs, faisant des « nœuds ou jouant au loto, etpassant trois heures à table.» Mais « tous les militaires, tous les gentilshommes des « environs, toutes les dames de la ville, » s'empressent à ses bals et célèbrent à l'envi « sa grâce, sa politesse, son « égalité ^» Jusque dans les grades secondaires, on retrouve ces habitudes somptueuses. En vertu de l'usage établi, les colonels et même les capitaines traitent leurs officiers et dépensent ainsi « beaucoup au delà de leurs appointements*. » C'est même là une des raisons qui font réserver les régiments aux fils de bonne maisojj. et les com-