Supplément au voyage de Bougainvllle
2. Cf. Mémoires de Mme d'Épinay, conversation avec Diiclos et Saint- Lambert chez Mlle Quinault. — Rousseau, Confessions, première partie, livre V. — Ce sont Injustement les principes enseignés par M. de Tavel à Mme de Warens.
3. Suite du rêve de d'Alembert, Entretien entre Mlle de Lespmasse et Bordeu. — Mémoires de Diderot, Lettre à Mlle Volatil. III, 66.
monies nobles, il a autant de cœur que de génie*. Bien mieux, quand il s'agit de démêler les impulsions primitives, il garde, à côté de l'amour-propre, une place indépendante et supérieure pour la pitié, la sympathie, la bienveillance, « la bienfaisance, » pour toutes les affections généreuses du cœur qui se donne et se dévoue sans calcul ni retour sur soi. — Mais auprès de lui, en voici d'autres, froids et bornés, qui, selon la méthode mathématique des idéologues', construisent la morale à la façon de Hobbes. Il ne leur faut qu'un seul mobile, le plus simple et le plus palpable, tout grossier, presque mécanique, tout physiologique, l'inclination naturelle qui porte l'animal à fuir la douleur et à chercher le plaisir. « La douleur et le plaisir, dit Helvétius, sont les « seuls ressorts de l'univers moral, et le sentiment de « l'amour de soi est la seule base sur laquelle on puisse
« jeter les fondements d'une morale utile Quel autre
« motif que l'intérêt personnel pourrait déterminer un « homme à des actions généreuses ? Il lui est aussi im- « possible d'aimer le bien pour le bien que d'aimer le a mal pour le mal'. » « Les principes de la loi natu- « relie *, disent les disciples, se réduisent à un principe a fondamental e'i u:iique, la conservation de soi-même, » a Se conserver, obtenir le bonheur, » voilà l'instinct, le droit et le devoir. « 0 vous*, dit la nature, qui, par l'im- « pulsion que je vous donne, tendez vers le bonheur à a chaque instant de votre durée, ne résistez pas à ma loi « souveraine, travaillez à votre félicité, jouissez sans
1. Cf. ses admirables contes^ Entretiens d'un père avec ses enfants el le Neveu de Rameau.
2. Volney, Ibid. « La loi naturelle... consiste tout entière en faits dont la « démonstration peut sans cesse se renouveler aux sens et composer une • science aussi précise, aussi e,\acte que la géométrie et les mathématiques.