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CHAPITRE III

Pendant longtemps, la philosophie nouvelle, enfermée dans un cercle choisi, n'avait été qu'un luxe de bonne compagnie. Négociants, fabricants et boutiquiers, avocats, procureurs et médecins, comédiens, professeurs ou 5 curés, fonctionnaires, employés et commis, toute la classe moyenne était à sa besogne. L'horizon de chacun était restreint. La disette des idées et la modestie du cœur confinaient le bourgeois dans son enclos héréditaire. Ses yeux ne se hasardaient guère au delà, dans le territoire

10 interdit et dangereux des choses d'Etat ; à peine s'il y coulait x un regard furtif et rare ; les affaires publiques étaient «les affaires du roi.» — Dans toute la première moitié du dix-huitième siècle, je ne vois dans le Tiersétat que ce seul foyer d'opposition, le Parlement, et,

15 autour de lui, pour attiser le feu, le vieil esprit gallican2 ou janséniste.3 Tous les deux combattent pour la tradition et contre la nouveauté ; c'est pourquoi, après avoir défendu le passé contre le pouvoir arbitraire, ils le défendront contre la violence révolutionnaire et tomberont,

20 l'un dans l'impuissance et l'autre dans l'oubli.

Aussi bien, l'embrasement est tardif dans la classe moyenne, et pour qu'il s'y propage, il faut qu'au préalable, par une transformation graduelle, les matériaux réfractaires soient devenus combustibles. — Un grand chan- 25 gement s'opère au dix-huitième siècle dans la condition

du Tiers-état. Le bourgeois a travaillé, fabriqué, commercé, gagné, épargné, et, tous les jours, il s'enrichit davantage. On peut dater de Law l ce grand essor des entreprises, du négoce, de la spéculation et des fortunes.

— Dans ce grand effort d'invention, de labeur et de 5 génie, Paris, qui grossit sans cesse, est l'atelier central. Bien plus encore qu'aujourd'hui, il a le monopole de tout ce qui est œuvre d'intelligence et de goût, agréments et décors de la vie élégante et mondaine ; c'est lui qui fournit l'Europe. En 1774, son commerce de librairie était 10 évalué à 45 millions, et celui de Londres au quart seulement. Les capitaux ainsi formés cherchent un emploi.

— Justement, voici que les plus nobles mains du royaume s'étendent pour les recevoir, nobles, princes du sang, états provinciaux,2 assemblées du clergé, au premier rang 15 le roi qui, étant le plus besoigneux de tous, emprunte à dix pour cent et est toujours en quête de nouveaux prêteurs. L'intérêt de la dette qui n'était que de 45 millions en 1755, s'élève à 106 millions en 1776, et monte à 206 millions en 1789. Que de créanciers indiqués par ce 20 peu de chiffres ! Et remarquez que, le Tiers-état étant

le seul corps qui gagne et épargne, presque tous ces créanciers sont du Tiers-état. Voilà donc le bourgeois qui relève la tête et qui commence à considérer de près la grande machine dont le jeu, dérobé à tous les regards 25 vulgaires, était jusqu'ici un secret d'État. Il devient politique et, du même coup, il devient mécontent. — Car, on ne peut le nier, ces affaires où il est si fort intéressé sont mal conduites. Toujours, dans l'administration de l'État, la dépense a dépassé la recette. D'après les 30 aveux officiels, le déficit annuel était de soixante-dix millions en 1770, de quatre-vingts en 1783 : quand on a

tenté de le réduire, c'a été par des banqueroutes, l'une • de deux milliards à la fin de Louis XIV, l'autre presque égale au temps de Law, une autre au temps de Terray,1 sans compter tous les procédés violents ou frauduleux 5 qu'un débiteur puissant emploie impunément contre un créancier faible. On ne paye que si l'on peut et quand on peut, même les gens de la maison, les fournisseurs de la table, les serviteurs de la personne. En 1753, les domestiques de Louis XV n'avaient rien reçu depuis

10 trois années. On a vu que ses palefreniers allaient mendier pendant la nuit dans les rues de Versailles. Quelle administration ! — Devant ce débiteur qui manifestement devient insolvable, tous les gens qui, de près ou de loin,2 sont engagés dans ses affaires, se consultent

15 avec alarme, et ils sont innombrables. C'est la plus grande partie de la classe laborieuse et paisible qui, jusqu'ici, obéissait sans murmure et ne songeait point à contrôler3 le régime établi. Désormais elle va le contrôler avec attention, avec défiance, avec colère; et mal-

20 heur à ceux qu'elle prendra en faute ; car elle sait qu'ils la ruinent en ruinant l'État.

En même temps elle a monté dans l'échelle sociale, et, par son élite, elle rejoint les plus haut placés. Jadis, l'intervalle était immense ; habits, logis, mœurs, carac- 25 tère, point d'honneur, idées, langage, tout différait. Maintenant la distance est presque insensible. L'égalité de fait a précédé l'égalité de droit. — Aux approches de 1789, à la ville, les gentilshommes ne portent plus l'épée; ils ont quitté les broderies, les galons, et se promènent

en frac uni, ou courent dans un cabriolet, qu'ils conduisent eux-mêmes. «La simplicité des coutumes an- « glaises» et les usages du Tiers leur ont paru plus commodes pour la vie privée. Désormais ils acceptent la familiarité pour avoir le sans-gêne, et sont contents « de 5 «se mêler sans faste et sans entraves à tous leurs con- « citoyens.» — Certes, l'indice est grave, et les vieilles âmes féodales avaient raison de gronder. — En effet, le nivellement des façons et des dehors ne fait que manifester le nivellement des esprits et des âmes. Si les 10 nobles s'habillent en bourgeois, c'est qu'ils sont euxmêmes devenus des bourgeois, je veux dire des oisifs qui, retirés des affaires, causent et s'amusent. — Sans doute ils s'amusent en gens de goût et causent en gens de bonne compagnie. Mais la difficulté ne sera pas 15 grande de les égaler en cela. Depuis que le Tiers s'est enrichi, beaucoup de roturiers sont devenus gens du monde. A une nuance près, on trouve chez eux la même société que chez un grand seigneur, les mêmes idées, le même ton. Or, en ce temps-là, dès qu'on sait 20 observer les bienséances, saluer et causer, on a son brevet d'entrée partout. Non seulement le plébéien entre au salon s'il a de l'usage,1 mais il y trône s'il a du talent. La première place dans la conversation et même dans la considération publique est pour Voltaire, fils 25 d'un notaire , pour Diderot, fils d'un coutelier, pour Rousseau, fils d'un horloger, pour d'Alembert, enfanttrouvé, recueilli par un vitrier.2

Pour s'achever, la noblesse leur emprunte leur plume et aspire à leurs succès. Ils colportent de salon en salon 30 leurs tragédies, comédies, romans, églogues, dissertations et considérations de toute espèce. Ils tâchent de

faire représenter leurs pièces, ils subissent le jugement préalable des comédiens, ils sollicitent un mot d'éloge au Mercure} ils lisent des fables aux séances de l'Académie.— Après ce mélange des classes et ce déplace- 5 ment des rôles, quelle supériorité reste à la noblesse ? Par quel mérite spécial, par quelle capacité reconnue se fera-t-elle respecter du Tiers ? Hors une rieur de suprême bon ton et quelques raffinements dans le savoir-vivre, en quoi dirïère-t-elle de lui? — En fait de pratique, c"esr

10 déjà le Tiers qui fait la besogne et fournit les hommes spéciaux, intendants, premiers commis des ministères, administrateurs laïques et ecclésiastiques, travailleurs effectifs de toute espèce et de tout degré. — Quant à la théorie, le roturier en sait autant que les nobles, et il

15 croit en savoir davantage: car, ayant lu les mêmes livres et pénétré2 des mêmes principes, il ne s'arrête pas comme eux à mi-chemin sur la pente des conséquences, mais plonge en avant, tête baissée, jusqu'au fond de la doctrine, persuadé que sa logique est de la clairvoyance

20 et qu'il a d'autant plus de lumières qu'il a moins de préjugés. — Depuis que la noblesse, ayant perdu la capacité spéciale et que le Tiers, ayant acquis la capacité générale, se trouvent de niveau par l'éducation et par les aptitudes, l'inégalité qui les sépare est devenue bles-

25 santé en devenant inutile. Instituée par la coutume, elle n'est plus consacrée par la conscience, et le Tiers s'irrite à bon droit contre des privilèges que rien ne justifie, ni la capacité du noble, ni l'incapacité du bourgeois.

Défiance et colère à l'endroit du gouvernement qui compromet toutes les fortunes, rancune et hostilité contre la noblesse qui barre tous les chemins, voilà donc les sentiments qui grandissent dans la classe moyenne .par le seul progrès de sa richesse et de sa culture. — 5 Sur cette matière ainsi disposée, on devine quel sera l'effet de la philosophie nouvelle. Enfermée d'abord dans le réservoir aristocratique, la doctrine a filtré par tous les interstices comme une eau glissante, et se répand insensiblement dans tout l'étage inférieur. — Dans 10 les dix années [1750-60], le flot grossit; on parle en mal du gouvernement dans les cafés, aux promenades, et la police n'ose arrêter les frondeurs, «parce qu'il «faudrait arrêter tout le monde. » — Discrédit complet du gouvernement, succès immense de Rousseau, de ces deux 15 événements simultanés on peut dater la conversion du Tiers à la philosophie. — Au commencement du règne de Louis XVI, un voyageur qui rentrait après quelques années d'absence, et à qui l'on demandait quel changement il remarquait dans la nation, répondit: « Rien 20 « autre chose, sinon que ce qui se disait dans les salons se réapète dans les rues. » — Et ce qu'on répète dans les rues, c'est la doctrine de Rousseau, le Discours sur l'inégalité* le Contrat social amplifié, vulgarisé et répété par les disciples sur tous les tons et sous toutes les formes. Quoi 25 de plus séduisant pour le Tiers? Pour des gens qui veulent contrôler le pouvoir et abolir les privilèges, quel maître plus sympathique que l'écrivain de génie, le logicien puissant, l'orateur passionné qui établit le droit naturel, qui nie le droit historique, qui proclame l'éga- 30'

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lité des hommes, qui revendique la souveraineté du peuple, qui de'nonce à chaque page l'usurpation, les vices, l'inutilité', la malfaisance des grands et des rois! — Et j'omets les traits par lesquels il agrée aux fils

5 d'une bourgeoisie laborieuse et sévère, aux hommes nouveaux qui travaillent et s'élèvent, son sérieux continu, son ton âpre et amer, son éloge des mœurs simples,. des vertus domestiques, du mérite personnel, de l'énergie virile; c'est un plébéien qui parle à des plébéiens. —

10 Rien d'étonnant s'ils le prennent pour guide, et s'ils acceptent ses doctrines avec cette ferveur de croyance qui est l'enthousiasme et qui toujours accompagne la première idée comme le premier amour.

Un juge compétent, témoin oculaire, Mallet Dupan,1

15 écrit en 1799: «Dans les classes mitoyennes et inférieu- «res, Rousseau a eu cent fois plus de lecteurs que Voltaire. C'est lui seul qui a inoculé chez les Français la «doctrine de la souveraineté du peuple et de ses consé- «quences les plus extrêmes. J'aurais peine à citer un

20 «seul révolutionnaire qui ne fût transporté de ces théocrèmes anarchiques et qui ne brûlât du désir de les réa- «liser. » Les dogmes d'égalité et de liberté filtrent et pénètrent dans toute la classe qui sait lire. C'est l'esprit de Rousseau, «l'esprit républicain;» il a gagné toute

25 la classe moyenne, artistes, employés, curés, médecins, procureurs, avocats, lettrés, journalistes, et il a pour aliments les pires passions aussi bien que les meilleures, l'ambition, l'envie, le besoin de liberté, le zèle du bien public -et la conscience du droit.

Toutes ces passions s'exaltent les unes par les autres. Rien n'est tel qu'un passe-droit pour aviver le sentiment de la justice. Rien n'est tel que le sentiment de la justice pour aviver la douleur d'un passe-droit. A présent que le Tiers se juge privé de la place qui lui appar- 5 tient, il se trouve mal1 à la place qu'il occupe, et il souffre de mille petits chocs que jadis il n'aurait pas sentis. Quand on se sent citoyen, on s'irrite d'être traité en sujet, et nul n'accepte d'être l'inférieur de celui dont il se croit l'égal. C'est pourquoi, pendant les 10 vingt dernières années, l'ancien régime a beau s'alléger, il semble plus pesant, et ses piqûres exaspèrent comme des blessures. Grâce à Rousseau la vanité, si naturelle à l'homme, si sensible'2 chez un Français, est devenue plus sensible. La moindre nuance, un ton de voix 15 semble une marque de dédain. Les grands ont beau condescendre, «accueillir avec tfhe égale et douce bonté « tous ceux qui leur sont présentés. » On leur garde rancune, non seulement des saluts trop courts qu'ils font, mais encore des révérences trop grandes qu'on leur fait. 20 Quand le cœur est révolté, tout est pour lui sujet de ressentiment. Le Tiers, à l'exemple de Rousseau, sait aux nobles mauvais gré de tout ce qu'ils font, bien mieux, de tout ce qu'ils sont, de leur luxe, de leur élégance, de leur badinage, de leurs façons fines et brillantes. Cha- 25 cun, outre le grief général, a son grief personnel. Leur froideur, comme leur familiarité, leurs attentions, comme leurs inattentions, sont des offenses, et, sous ces millions de coups d'épingle, réels ou imaginaires, la poche au fiel3 s'emplit. En 1789, elle est pleine et va crever. 30

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(( Qu'est-ce que le Tiers ? x Tout. Qu'a-t-il été jusqu'à «présent dans l'ordre politique ? Rien. Que demande- «t-il ? A y devenir quelque chose.» — Non pas quelque chose, mais tout. Son ambition politique est aussi 5 grande que son ambition sociale, et il aspire à l'autorité aussi bien qu'à l'égalité.

«Le Tiers, disent d'autres cahiers,'2 étant les 99 pour «100 de la nation, n'est pas un ordre. Désormais, avec « ou sans les privilégiés, il sera, sous la même dénomi-

10 «nation, appelé le peuple ou la nation.» — N'objectez pas qu'un peuple ainsi mutilé devient une foule, que des chefs ne s'improvisent pas, qu'on se passe difficilement de ses conducteurs naturels, qu'à tout prendre ce clergé et cette noblesse sont encore une élite, que les deux cin-

15 quièmes du sol sont dans leurs mains, que la moitié des hommes intelligents et instruits sont dans leurs rangs, que leur bonne volonté est grande, et que ces vieux corps historiques ont toujours fourni aux constitutions libres leurs meilleurs soutiens. Selon le principe de

20 Rousseau, il ne faut pas évaluer les hommes, mais les compter ; en politique, le nombre seul est respectable ; ni la naissance, ni la propriété, ni la fonction, ni la capacité ne sont des titres : grand ou petit, ignorant ou savant, général, soldat ou goujat, dans l'armée sociale,

25 chaque individu n'est qu'une unité munie d'un vote ; où vous voyez la majorité, là est le droit. C'est pourquoi le Tiers pose son droit comme incontestable et, à son tour, dit comme Louis XIV : «L'État, c'est moi.» La plupart ne savent rien et ne sont que des mar-

30 chands de chicane ; 3 les plus instruits n'ont en politique que des idées d'écoliers. Dans les collèges4 de l'Université, on n'enseigne point l'histoire. Pour tout ba-

gage, ils emportent, comme Camille Desmoulins,1 des bribes de latin, et ils entrent dans le monde, la tête farcie «de maximes républicaines,» échauffés par les souvenirs de Rome et de Sparte, «pénétrés d'un profond «mépris pour les gouvernements monarchiques.» En- 5 suite, à l'École de droit, ils ont appris un droit abstrait, ou n'ont rien appris. Aux cours de Paris, point d'auditeurs ; le professeur fait sa leçon devant des copistes qui vendent leurs cahiers. Un élève qui assisterait et rédigerait lui-même serait mal vu ; on l'accuserait d'ôter 10 aux copistes leur gagne-pain. Par suite le diplôme est nul; à Bourges2 on l'obtient en six mois; si le jeune homme finit par savoir la loi, c'est plus tard par l'usage et la pratique. — Des lois et institutions étrangères, nulle connaissance, à peine une notion vague ou fausse. 15 Quant au mécanisme des constitutions libres ou aux conditions de la liberté effective, cela est trop compliqué. Depuis vingt ans, sauf dans les grandes familles de magistrature, Montesquieu est suranné. A quoi bon les études sur l'ancienne France ? « Qu'est-il résulté 20 «de tant et de si profondes recherches ? Des conjec- « tures laborieuses et des raisons de douter.» Il est bien plus commode de partir des droits de l'homme et d'en déduire les conséquences. — Dans ce grand vide des intelligences, les mots indéfinis de liberté, d'égalité, de 25 souveraineté du peuple, les phrases ardentes de Rousseau et de ses successeurs, tous les nouveaux axiomes flambent comme des charbons allumés, et dégagent une fumée chaude, une vapeur enivrante. La parole gigantesque et vague s'interpose entre l'esprit et les objets ; 30 tous les contours sont brouillés et le vertige commence. Jamais les hommes n'ont perdu à ce point le sens des

choses réelles. Jamais leur vue troublée ne les a plus rassurés sur le danger véritable, et plus alarmés sur le danger imaginaire. Dans tout usage du régime établi, dans toute mesure de l'administration, «il n'y avait rien 5 «où l'on ne trouvât un caractère de tyrannie.» — Sensations perverties, conceptions délirantes, ce seraient là pour un médecin des symptômes d'aliénation mentale ; et nous ne sommes encore qu'aux premiers mois de 1789! — Dans des têtes si excitables et tellement sur-

10 excitées, la magie souveraine des mots va créer des fantômes, les uns hideux, l'aristocrate et le tyran, les autres adorables, l'ami du peuple et le patriote incorruptible, figures démesurées et forgées par le rêve, mais qui prendront la place des figures réelles et que l'halluciné

15 va combler de ses hommages ou poursuivre de ses fureurs.

Ainsi descend et se propage la philosophie du dixhuitième siècle. — Au premier étage de la maison, dans les beaux appartements dorés, les idées n'ont été que des

20 illuminations de soirée, des pétards de salon, des feux de Bengale1 amusants ; on a joué avec elles, on les a lancées en riant par les fenêtres. — Recueillies à l'entresol et au rez-de-chaussée, portées dans les boutiques, dans les magasins et dans les cabinets d'affaires, elles y

25 ont trouvé des matériaux combustibles, des tas de bois accumulés depuis longtemps, et voici que de grands feux s'allument. Il semble même qu'il y ait un commencement d'incendie ; car les cheminées ronflent rudement, et une clarté rouge jaillit à travers les vitres. — «Non,

30 «disent les gens d'en haut, ils n'auraient garde de mettre

«le feu à la maison, ils y habitent comme nous. Ce «sont là des feux de paille, tout au plus des feux de « cheminée : mais, avec un seau d'eau froide, on les «éteint; et d'ailleurs ces petits accidents nettoient les «cheminées, font tomber la vieille suie.»

Prenez garde: dans les caves de la maison, sous les vastes et profondes voûtes qui la portent, il y a un magasin de poudre.

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