‹ L'ancien théâtre en PoitouChapitre 10 sur 31 · PLACIDE · texte numérisé non relu

PLACIDE

Voici nostre voisin Sévère qui s'en vient ayant la face merveilleusement renfrongnée : il a veu dans sa maison quelque personne qui luy fâche, et s'en plaint tout à part luy.

SÉVÈRE

la grand peine que d'avoir femmes ou filles à gouverner! Yrayment je ne m*estonne point dont un renommé philosophe pense les devoir tenir au rang des animaux sans raison. Et si jamais pauvre homme s'est trouvé affligé de leurs importimitez, je suis ce misérable. J'ay une femme riotcuse, fâcheuse, dédaigneuse; j'ay une fille éventée, affetée, effrontée: cependant il faut que je souffre en despit do moy le chagrin de l'une et la vanité de l'autre. . . Mais je vois le vieillard Placide venir en ça, lequel ayant en sa maison même charge inutile que moy^ d'une fille ennuyeuse, me pourra bien dire comment il se déporte envers elle, afin que je prenne exemple, s*il me semble bon. Or je m'en vais le saluer, combien que ce ne soit pas ma coutume d'accoster guères de peuple. Bonsoir Placide.

PLAaDB.

Dieu vous contente, seigneur Sévère, vous et tout ce que vous aimez.

SÉVÈRE

Croyez que tel salut n'est pas universel, car je n'aime personne en ce monde que moy. Aussi n'ai-je occasion d'aimer aucun.

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