Acte H Assuère, affilé de fi.nik
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Estber promet de le sauver: ^ "tenace son peuple.
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Acte IV. - - Aman redouble sr-s cri. d. i • .. T...pbone et tous lesn,ons.resdVnfer r.^ ""' " "'J"'"'*
«•"»r. Ln eunuque apprend
au chambellan Harbonne qu'un gibet attend Mardochée à la porte d'Aman. Mardochée invoque le Seigneur:
Bien cent ans sont passés depuis que nous, les hommes,
Etranges de Sion, et de ta maison sommes,
Depuis que le malheur, Teiil, la povreté,
Compagnons importuns, pressent nostre costé,
Depuis que^ rebutés et haïs de ce monde,
Nous courons, vagabonds, toute la terre ronde...
Et maintenant, voyez I Théritier d'Adamate
De ta vigne le clost, injurieux, dégaste,
Et porte au poing, cruel, une sanglante loy
Pour deifaire en un jour ton peuple entier et moy ;
Fay luy sentir. Seigneur, cette deitre despite
Qu'a senti autrefois son peuple Amalécite,
Que sentiront les Roys jadis par toi contrains
A héberger les juifs^ et mettre entre leurs mains
Les fertiles guerets de la terre dorée
Qui engendre le heaume et la drogue honorée
Du superbe Liban....
Acte V. — Harbonne, pendant que le roi est au banquet, admire le pouvoir de la beauté qui gouverne un si vaste empire. Assuère arrive avec Aman , décidé à bannir tout soucii à jouir de l'heure présente, lorsqu'Esther se jette à ses pieds et lui demande grâce de la vie. Assuère, indigné de la fourberie de son ministre, ordonne dépendre Aman à la potence qui attendait Mardochée. Le chœur célèbre la puissance du Seigneur.
VAman de Rivaudeau eut-il les honneurs de la scène ? Oui, si Ton en croit les Tablettes dramatiques et V Histoire littéraire du Poitou^qui disent que la pièce fut « jouée et imprimée à Poitiers (1) ». Le Journal du Théâtre français va plus loin : il cite une représentation en i 567 par les Enfants
(i) MouHY (de). Tablettes dramatiques^ contcDant l'abrégé de Thistoiredu théâtre français. Paris, 1762, in-8% p. 10.
sans souci, et Benjamin Fillon, surenchérissant sur de si belles autorités (i), va jusqu'à préciser la date de la première représentation qu'il fixe au 2 juillet 1561. Comme aucun de ces auteurs n'apporte la moindre preuve à l'appui de ses dires, il est au moins prudent de ne pas prendre parti dans la discussion.
Voici, d'ailleurs, d'autres représentations pour lesquelles nous avons mieux que des conjectures.
« Le dimanche X dudit mois (juin 1571), rapporte le notaire Denis Generoux, jour de Trinité, je fis jouer au carrefour de la Croix-du-Marchioux-de-Partenay, la tragédie ou histoire à' A bel tué par Caîn, son frère. Pierre Panthon jouait Adam; Claude Moyet, Eve; M* Gilles Gaudin, Caïn; M' Pierre Royer, Abel; Pierre de Foy, Enoch; Michel Senelier, Irad; René Gaultreau, Calmana; Jacques Cousturier, Débora, ; Messire Nicolas duGué, Dieu; Jacque Barenger, clergeon. Miséricorde, et un barbier angevin. Justice (2). »
Faute d'indications suffisantes, j'ai rangé Abei tué /Hxr Caln parmi les tragédies, en m'en rapportant à son titre. Mais la présence de Miséricorde et de Justice, deux vieux personnages des mystères, pourraient faire croire que l'auteur s'est contenté d*adapler un ancien texte à la mode du jour.
Il n'en est pas de même de Thistoire de Job^ représentée au mois de juillet suivant, au couvent de Monlierneuf, à Poitiers.
« Le dimanche, lundy et mardy XXVIII et XXIX dejuiliet
'i) FiLLON. Le cabinet de Mirbfl Tiraqtirau. A'o/i/e/iay, iR^H» îq^.
(a) GtMÉnocx. Journal, p. 8i. — Noua retrtmvoDs dans ccUe liiitr plu. aieurt des acteurs de Midét : Claude Movrl, Gilles (îaudio, Pierre Hojrr d René GaulUvao.
(1572) fut joué au Mouslierneuf à Poitiers, l'histoire à^Job en magnifiques babils et tbéâtres, toutefois mal représentée, combien qu'elle fut composée en fort beau style par M. Tiraqueau le jeune et de Sainte- Marthe. » J'y étais, ajoute Denis Généroux qui n'avait garde de manquer une pareille fête(l).
Il est regrettable que Job n'ait pas obtenu l'interprétation qu'elle méritait, et qu'une œuvre de si beau style ait été aussi mal rendue. Car c'étaient deux vrais lettrés que ces auteurs, unis par la collaboration et l'amitié. L'un était Scévole de Sainte-Marthe, le grand Scévole, l'ami de La Péruse, l'éditeur de Médée ; l'autre, Charles Tiraqueau, second fils de Michel et de Jacquette Ribaudeau, cousin germain d'André Rivaudeau. Tous deux avaient éléà bonne école pour se perfectionner dans l'art dramatique.
Par malheur, la tragi-comédie de Job ne nous est point parvenue. Il n'y eut probablement d'imprimé que le prologue et lesodes récitées ou chantées pendantlesentr'actes (2).
Est-ce sous rinfiuence du lieu consacré où devait se donner la représentation, ou simplement par artifice de lettré, mais Scévole, dans son prologue, répudie la Pléiade et l'antiquité profane :
Or les poètes vieux et ceux dont la pensée
De payennes erreurs est encore insensée^
Ont rendu jusqulcy les théâtres tous pleins
Des misères deTroye et des malheurs Thébains :
Mais nous qui du vray Dieu conno issons mieux la gloire
Avons voulu changer les fables à Thistoirc,
(i) Généroux, Journal, p. 82.
(2) Second volumf. des | ouvres de Scévole | de Saincte Marthe,.. | contenant iroys livres de poésie meslée de vers François et latins. A Poitiers^ parles Botfchetz frères, iSyS. In-4, p. 100.
L'ANCIEN THÉATBE EN POITOD 83
Afin de contenter le chrestien auditeur
D*un poème chrestien et non pas d*un menteur.
Ce prologue est dédié à Boiceau de la Borderîe. Les odes des enlr*actes à R. Maissonnier, à Nicolas Rapin, à Le Breton, à Guillaume Bouchet« et naturellement à Tiraqueau, le collaborateur de Scévole.
Ces odes n^oiîrent rien de remarquable. Sainte-Marthe maniait mieux la muse latine que la française. Elles sont conçues dans le goût des pièces lyriques intercalées par La Péruse et Rivaudeau dans leurs pièces. D'ailleurs, la tragicomédie tout entière ne devait guère différer d'Aman ou de Méfiée. Malgré sa promesse d^écrire un « poème chrétien »>« il est à croire que Scévole n'avait pas mieux réussi que ses devanciers. Ces amusements de lettrés, à la Renaissance, n'ont rien de commun avec la pieuse inspiration des mystères. Des œuvres vraiment religieuses demandent des époques de foi naïve et tant soit peu ignorante.
C*est ici le moment de parler d'une femme auteur qui, après s'être essayée dans presque tous les genres, voulut un jour tâler de la poésie dramatique.
I-#e salon des dames Des Roches était, à Poitiers, ce que fut plus tard, à Paris, le célèbre hùtel de Rambouillet. Madeleine Neveu, dame Des Roches, et sa fille Catherine attiraient autour d'elles, autant sans doute par leur beauté que par leur réputation d'esprit, tout ce que Poitiers comptait de poètes, de littérateurs, de personna^res connus par leurs talents, leur naissance ou l'éclat de leurs charités. La renommée de ces deux Précieuses poitevines avait franchi depuis longtemps les limites do la province. Pas un étranger de marque ne séjournait à PoititTS sans sr f.iire présenter dans leur cénacle. Les éloges do I^asquier, le
recueil de vers publié sous le nom de « la Puce de madame Des Roches » sont assez connus pour nous dispenser de plus ample commentaire (1).
Malheureusement, quand on parle de bas-bleus, les réputations d'esprit et de savoir semblent toujours un peu suspectes. On a peine à prendre au sérieux les éloges des galants jurisconsultes des Grands-Jours. Qui peut jamais répondre de l'originalité des œuvres signées par une femme du monde ? On est toujours tenté de leur appliquer Tépigramme de Lebrun à Fanny de Beauharnais :
Eglé, belle et poète, a deux petits travers : Elle fait son visage et ne fait pas ses vers.
Catherine des Roches est sujette à caution. Un jeune poète normand, Jules de Guersens, venu à Poitiers pour se perfectionner dans Tétude du droit, vit la jolie muse, et ne trouva pas de plus belle preuve d'amour à lui donner que de lui faire honneur de sa tragédie, Panthée. La pièce parut à Poitiers, en 1571, chez les Bouchet, avec cette modeste indication: «mise en ordre par Caye- Jules de Guersens(2))) .Dans l'épître dédicatoire à l'évêque de Coutances, le galant auteur affirme qu'il n'y prit d'autre part que le soin de la mise en ordre : « Je proteste devant Dieu que cet œuvre n'est jamais sorti de la boutique de mon esprit, mais d'un Jupiter, du cerveau duquel la Pallas de noslre France l'a fait naistre. »
Sans doute cette innocente supercherie littéraire ne trompa personne, puisque La Croix du Maine n'a pas hésité
(i) Cf. Dreux du Radier^ art. Neveu; Lx Croix du Maine, I, loi; 11,71. Du Verdier,!, 284; m, 2; Parfait, Histoire du théâtre François, t. III, p. 367. — La Puce de Mme pesroches, publiée par D. Jouaust. Par/*, i868,în-ia.
(2) Panthée, | Tragédie prise du | grec de Xenophon. | Mise en ordre par Caye Jule de Guerseus. A Poitiers, \ par les Bouchetz, | 1671. In-4 de IV- 16 «F.
à proclamer le véritable auteur de la pièce. Le cadeau d*aiU leurs n'était pas grand. De toutes les tragédies de cette époque, il n*en est aucune de plus conforme à la tragédie de cabinet. Aucune action. Le quatrième acte est à peine indiqué : le cinquième est rempli par le récit d'un messa* ger en trente-six vers.
Voici un échantillon du style :
Que ceste joue encore
Qui fait en couleur honte au lustre de Taurore, En lueur au soleil et en sa fermeté (Tant e9t elle duretie) aux pommettes d*esté, Perde son en bon point; que ces trésors d*al)eilles, Que nature ha caché sous mes lèvres vermeilles Soient emportez au loing; que ce beau lait caillé, Dessus mon coul longuet si proprement taillé. Devienne tout viliain ; que ce siMn qui pommelle Dessus mon estomach d*une enflure jumelle, Sojtdu tout abaissé I...
11 n'est pas surprenant que la « Pallas de nostre France » ait refusé de couronner la flamme d'un si prétentieux poète. Guersens revint en Bretagne, oh il mourut sénéchal de Rennes, une douzaine d'années plus tard. Son hommage n^avait pas touché Catherine.
Je ne serais pas étonné que la jolie Poitevine ait jugé sévèrement l'œuvre de son malheureux amant, car ses vers, ielle, valaient certainement mieux. Môme en ce xvr siècle, où tout le monde taquinait la muse, les rimes de Catherine se font remarquer par leur grâce facile, le choix heureux des mots, la délicatesse des expressions et de la pensée. Elle avait, en outre, le gt'^nie du dialogue.
Tout lui est bon pour amener une petite scène, même les plus étranges interlocuteurs. Tantôt c*est la Vieif/esse et la
Jeunesse^ la Pauvreté et la Faim, Amour ^ Beauté et Physis, la Vertu et la Fortune ; tantôt elle baptise ses personnages Sincei'o et Charité^ Iris et Panthée. Elle fait discourir la Main, le Pied et la Bouche. Voici comment débute le dialogue de Placide et Sévère^oxi Taimable bas-bleu a glissé un plaidoyer en faveur des femmes savantes :