‹ L'ancien théâtre en PoitouChapitre 11 sur 31 · PLACIDE · texte numérisé non relu

PLACIDE

Hé deal n'avez- vous point cause de tenir vostre femme chère?

SÉVÈRE

Ah! qu'il vous est aisé de dire pour ce que vous n'en n'avez plus.

Que je voudrais de bon cueur estre aussy beureus comme vous ! La vofttre est morte et la mienne seulement absente, qui par sa déplaisante vie me fait mourir à toute heure (I).

Voilà certes de la bonne comédie, etce Tragment présente plus d'un trait que ne désavouerait pas Molière. Mais ce n*esl qu'un fragment, de même que le Tobie qui figure dans un autre volume du fécond auteur (2).

Comme Anian et Job^ Tobie est une tragédie sainte. Mais Catherine n'en ayant écrit qu'un seul acte, sans doute le troisième, il est impossible de savoir ce qu'eût valu la pièce entière.

L'ange Azarie vient d'apprendre à Tobie le miraculeux usage du foie et du cœur du poisson qui lui a fait si grand peur. Il lui enseigne les saintes lois du mariage, et la conduite qu'il doit tenir envers la fille de Raguel. Bientôt Raguel lui-même paraît; Surra et Anne, sa mère, l'accompagnent ; Tobie, devant toute la famille réunie, redit les dernières paroles de son père :

Mon fils esGonte moy.

Recueille mes propos, grave les dedans loy.

Alors que le Seigneur aura repris mon âme,

Ensevely mon corps desouz la froide lame ;

Ol>éis à ta mère, et comme humble servant

Honore la tousjours tant que seras vivant;

Aimes la chèrement jus<|u*à sa dernière heure ;

Puis quand nostre grand Dieu permetra qu'elle meure»

Ferme tuy doucement la paupière de l'œil,

Et la mets près de moy dans un mesme cercueil.

'i) Les I iic4:<)Mt>u I Œuvres de Mes | dames des Hoches, de | Poictien, Méra et Fille. A Foutters, pour Nicolas (lourtoys, i583. In«4 de

\i) LtSS I arvncs de | Me«i-dariirs des R<>> | chen de P<ietier> | mère et fille I seoi>ode édiUon j corriu^ée et nui^metilée de la Tréii;t-ri>nie«lie ; de T<»« bie el aatfes œuvres poétiques. — v4 Parti, \ pour Abel L*Aogeher, | i^;^. la-4 de 19a p.

88 L'ANCrEN THÉÂTRE EN POITOU

Tobie avoue à Tange son amour pour Sarra, mais il a peur de subir le sort des sept premiers maris. Âzarie le rassure, et Sarra entame^ avec sa servante, une dispute du plus haut comique :

S/kRRA.

Sus, sus, despechez vous de faire vostre ouvrage. On vous prend seulement pour faire le ménage Et non pour babiller et causer à chascun .

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