Ceci a été fait pour son maître Abd-er-Rahman
2. Ceci a été commandé par l'Imam, serviteur de Dieu, Abd-er-Rahman...
3. Ceci est l'œuvre personnelle de la dame fille d' Abd-er-Rahman...
On sait que les inscriptions arabes sont souvent fort difficiles à lire et à interpréter : il n'est donc pas étonnant, surtout lorsque le texte est interrompu, que, même des arabisants de profession lisent et traduisent différemment.
Quoi qu'il en soit, Fécrin de Burgos nous reporte au règne d'un calife ommiade de l'Espagne. Ce ne peut être qu'Abderrhame III, puisque c'est lui qui prit le titre pompeux de Prince des croyants, tandis qu'Abderrahme I et Abderrhame II s'appelaient seulement émirs ou chefs. Cette pièce en ivoire remonte donc au xc siècle de l'ère chrétienne (912 à 961). Le goût d'Abderrhame III pour les arts est d'ailleurs bien connu et les historiens de l'époque nous affirment leluxe prodigieux dont il s'entourait. Notre étui est par conséquent une épave du mobilier de ce puissant calife, en même temps qu'un échantillon delà main-d'œuvre artistique, sous un règne qui dura près de cinquante ans.
C'est cet Abderrhame qui, vers 930, parut sur les bords du Duero, renversant les forteresses chrétiennes et menaçant d'anéantir le comté de Castille; mais il fut bientôt vaincu à Osma (933) et à Simancas (938), par les troupes réunies de D. Ramire, roi de Léon, et de Fernan Gonzalez. Il est bien possible que l'écrin ait été, pendant ces guerres, à l'usage du calife, et