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qu'il soittombé, avec une partie du butin, entre les mains de Fernan Gonzalez, l'un des insignes bienfaiteurs de l'abbaye de Silos (1). Ainsi s'expliquerait alors sans trop de peine comment cet objet passa au trésor du monastère.
Quelle fut la destination primitive de notre étui? Nous ne saurions le dire avec certitude. D'après D. R. Amador de los Rios, il devait servir pour un jeu composé de cinq boules que l'on renfermait dans les cinq cavités; les ouvertures en demi-sphères creuses, se correspondant deux à deux, paraissent l'indiquer. En tous cas, les deux pièces d'ivoire n'ont eu, au commencement, ni les charnières, ni les montures que l'on voit aujourd'hui; celles-ci furent sans doute ajoutées lorsque, cessant d'être à l'usage du prince musulman, l'étui servit à contenir des reliques de saints:
1. Voy. la charte de donation de Fernan Gonzalez à l'abbaye de Silos (D. Férotin, RecueiU p. 1 et s.).
Dans la vitrine du Musée de Burgos, où se trouve déjà l'écrin dont nous venons de parler, est renfermé également le coffret que nous allons décrire. C'est lui, sans doute, que l'inventaire de 1440 signale en ces termes : E otrosi, una arca del marfd labrada a la morisca, la quai es llena de las rcliquias de las honze mill virgines (1). Le même inventaire, puis les PP. Ruiz et Castro mentionnent bien plusieurs coffrets en ivoire (arcas de marftl); seulement, l'expression labrada a la morisca n'est donnée qu'une seule fois.
La face principale de notre coffret a été reproduite dans les Monumentos arquitectônîàos de Espana, t. I, mais d'une façon peu exacte, comme on faisait d'ailleurs trop souvent, il y a quarante ans. D. Isidro Gil a fait pour l'ouvrage que D. li. Aniador de los Rios a consacré h Burgos, un petit dessin de ce coffret, pris de trois quarts et du côté de la plaque émaillée (p. 690). Enfin, une des illustrations de l'Histoire de l'abbaye de Silos (pl. XI) reproduit cet émail, d'après un nouveau croquis du célèbre artiste. C'est tout ce que l'on a publié, croyons-nous, de ce petit meuble. Quant aux rares auteurs qui en ont parlé, ils l'ont fait d'une manière très succincte, sans essayer une étude détaillée, sans même tenter une description complète (2).