CU IV
Pouvons-nous également attribuer à ce milieu artistique les rinceaux de ivre, simplement gravés, qui se voient sur le couvercle et sur un côté de la face antérieure? Ici, il est plus sage d'hésiter quelque peu, car les rinceaux limousins sont d'ordinaire moins simples et, au contraire, l'art copte, l'arabe, le byzantin, en fournissent souvent de semblables. Cette question sera touchée à propos du retable. Nous renvoyons à celte notice et aux figures explicatives que nous donnons alors. Cependant si les deux plaques de l'agneau et de saint Dominique, si les bandes émaillées de la monture sont bien limousines, il est tout naturel, semble-t-il, d'attribuer la monture entière à l'art de Limoges. Les rinceaux gravés dont nous parlons sont, du reste, les éléments qui ont formé la décoration de nombreuses plaques gravées, — et celles-là bien limousines, qui se remarquent sur un grand nombre d'œuvres d'orfèvrerie.
Nous avons fait connaître les différents éléments qui entrent dans la composition du coffret tel qu'il existe aujourd'hui. Mais il est clair que, primitivement, les plaques d'ivoire n'étaient pas agencées à l'aide des cuivres gravés ou éinaillés que nous venons de faire connaître. Il est difficile de reconstituer complètement ce coffret dans son état premier ; car, nous l'avons vu précédemment, une grande partie de l'inscription et deux bas-reliefs ont disparu : celui qu'a remplacé la plaque émaillée et celui qui devait être fixé sur le toit, au-dessus de la plaque des paons et des cerfs. En outre, l'ivoire qui surmonte l'émail de saint Dominique ne répond pas, comme composition, aux deux reliefs des versants principaux, et il n'est pas entouré, comme eux, d'une bordure de fleurons. A notre avis, cette plaque provient d'ailleurs. — 11 est du moins certain que les bandeaux en ivoire, décorés de l'inscription, formaient primitivement le rebord du couvercle, sur les quatre côtés. Il suffit, pour s'en convaincre, de comparer, avec quelques autres coffrets arabes; ceux de Pampelune (1), de Girone (2) et de Palencia (3) déjà cités, celui de la collection Goupil, acquis par le Musée de l'Union centrale des arts décoratifs (4), celui du Musée du South Kensington (8), — tous ces coffrets ont des couvercles avec rebords ornés d'inscriptions en caractères