Voy. phuiche X
RETABLE EN CUIVRE GRAVÉ ET VERNI
ohitecture et, parfois, une identité complète de dessin. A notre avis, une pareille ressemblance implique un même lieu d'origine.
Les rinceaux qui garnissent l'encadrement du médaillon et une des bord ures de notre retable sont peut-être plus significatifs encore. Nous disions précédemment que les éléments de cette décoration sont empruntés à l'art copte ou à l'art byzantin. Mais les artistes de Limoges ont varié et multiplié à l'infini les brandies et les feuilles de ces rinceaux et, somme toute, ils ont créé, avec ces détails, un genre d'ornements absolument caractéristiques qui se retrouvent sur un bon nombre de leurs œuvres, en particulier sur les pieds carrés de leurs châsses et sur les bandeaux gemmés du frontal de Burgos. C'est une décoration qui se rattache, par un lien de parenté très étroit, aux enroulements et aux feuilles filiformes dont nous avons parlé, à propos des bandes gravées du devant d'autel.
Quant au style des personnages, M. Rupin a montré quelles furent, au moyen-âge, les fréquentes relations de la France avec l'Orient1; elles expliquent fort bien l'influence byzantine sur beaucoup de monuments appartenant à l'art de Limoges. — On comprend, pour la même raison, l'emploi des lettres coufiques. Il est à peine besoin de rappeler que les artistes chrétiens de l'Occident ont souvent adopté, sans chercher à en connaître le sens, ou des inscriptions arabes, ou do simples éléments de ces inscriptions qu'ils ont combinés avec différents motifs, dans le but de produire un effet décoratif. Les caractères aux tiges droites et aux têtes fleuronnées que l'on voit précisément sur le retable de Silos et sur l'étoffe de Vieil, se retrouvent bien clairement sur un bandeau de la porte de la Voulte-Chilhac!. Des motifs dérivés de ces lettres ornent aussi la coupe du scvphus d'AIpaïs (Musée du Louvre) et une plaque émaillée portant un apôtre en haut-relief (Musée de Cluny). Il est donc facile d'expliquer la présence des caractères fatimides sur le retable de Silos.
L'emploi du vernis brun sur ce retable ne nous surprend pas plus que les éléments exotiques signalés précédemment. M. de Linas, cependant, a écrit à ce sujet : « Le procédé qui consiste à réserver des dessins métalliques sur une lame de cuivre vernie en brun, ou réciproquement, est spé-