‹ L'ancien trésor de l'abbaye de SilosChapitre 33 sur 57 · L'Œuvre de Limoges, p. 43 et s · texte numérisé non relu

L'Œuvre de Limoges, p. 43 et s

2. Voy. Gailhobaud, L'architecture et les arts qui en dépendent, t. II. — Cnumont Abécédaire, p. 356.

RETABLE EN CUIVRE GRAVÉ ET VERNI

cial aux écoles delà Meuse et du Rhin'. » Ce procédé de la réserve métallique sur champ brun nous semble moins particulier à ces écoles que ne le croyait le docte archéologue. Les artistes qui ont fabriqué le cénotaphe d'Eulger l'ont employé; mais rien ne prouve qu'ils l'aient emprunté à des praticiens belges ou allemands. Il leur était plus facile de l'apprendre h Limoges ; car nous croyons pouvoir l'avancer : les artistes limousins ont parfaitement connu et pratiqué la méthode du vernis brun. Le frontal de Burgos en offre deux spécimens intéressants qui, peut-être, n'ont prsencore été signalés. Ce sont des lames fixées à ses deux extrémités; elles portent, sur fond brun, une course de rinceaux dorés, gravés simplement au trait, et formés d'enroulements, de feuilles et de (leurs stylisées. Voilà donc de nouvelles affinités entre le retable de Silos et le célèbre frontal. Ces deux pièces présentant une architecture analogue, des rinceaux dessinés d'une façon identique, le même procédé de réserve métallique sur champ vernissé, c'en est assez pour qu'une origine commune s'impose : les deux pièces sont limousines. C'est un honneur pour l'école de Limoges d'avoir produit le magnifique frontal du Musée de Burgos. Ce n'est pas un moindre honneur pour elle de pouvoir revendiquer désormais le retable de Silos qui est bien, croyons-nous, une des plus belles pièces gravées du moyen-âge.

Ce retable a été publié une seule fois, et malheureusement d'une façon passablement fantaisiste; c'est dans les Monumentos arquitectônieos de Eiparia. La planche in-folio qui le reproduit donne aussi une chromolithographie du frontal, avec ce titre commun aux deux figures : Allai- en que se canonizô a S" Domingo de Silos. Depuis lors, Dom Besse a reproduit celte erreur en signalant les « deux pièces de cuivre émaillé, placées connue frontal et comme retable devant le tombeau du saint, lors de sa canonisation ". »

Dom Férotin les attribue au xie siècle3, et D. Juan Facondo Biaiïo, qui n'a mentionné que le retable, le fait rem onter au XIIe siècle4.

L'opinion d'après laquelle les deux pièces de l'autel auraient figuré à la canonisation de saint Dominique ne repose sur aucune donnée sérieuse.

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