‹ L'ancien trésor de l'abbaye de SilosChapitre 34 sur 57 · Histoire de l'Abbaye de Silos, p · texte numérisé non relu

Histoire de l'Abbaye de Silos, p

4. Una excursion arttslica. Santo-Domingo de Silos (El Heraldo de Madrid, 30 septembre 1891).

RETABLE EN CUIVRE GRAVÉ ET VERNI 01

Le serviteur de Dieu mourut, en eli'et, le 20 décembre 1073 et, trois ans après, il était canonisé. Retable et frontal seraient donc antérieurs à l'année 1076. Mais le style des personnages, l'architecture, les bandes gemmées et gravées de rinceaux ne permettent pas de leur assigner une date aussi ancienne. Nous partageons l'opinion de D. Juan Riano qui attribue le retable au xn° siècle. C'est également l'époque qui doit convenir au devant d'autel du Musée de Burgos. Nous indiquerons môme le dernier quart du siècle, comme étant l'époque probable de leur fabrication.

Le calice el la patène de Silos ne sont pas unis dans l'histoire et, au point de vue de l'art, ce sont deux pièces absolument distinctes. Le dessin du calice a montré suffisamment que ce vase sacré appartient h un art grossier, mais bien curieux. La patène, au contraire, révèle un savoir-faire exquis, un goût parlait, un art consommé; elle mérite une place au premier rangdes œuvres d'orfèvrerie, ornées de filigranes, que nous a léguées le moyen-âge.

La plus ancienne liste des objets liturgiques de Silos qui nous soit parvenue, se trouve dans un inventaire des principales reliques de l'abbaye, daté du 23 juin 1460. On y trouve mentionné « le calice avec lequel le bienheureux saint Dominique disait la messe »\ Mais la patène n'est pas nommée, sans doute parée que l'auteur de l'inventaire a considéré la mention de l'un comme impliquant celle de l'autre, — la patène étant presque toujours le complément nécessaire du calice, dans l'usage que la liturgie catholique a fait de ces deux vases sacrés.

Les PP. Kuizet Castro, deux bénédictins de Silos [xmic siècle], n'ont dit qu'un mot de la patène. « Il existe au monastère, dit le P. Juan de Castro, un calice d'argent avec sa patène, ornée de différentes pierres dont quelquesunes d'une grande valeur, — le tout fait par saint Dominique en l'honneur

1. Extrait du Bulletin Je la Société scientifique, historique el archéologique de la Corrèzt t. XX (1898), p. 549-559. " '

2. » E otrosi In vestimenta e caliz cou que cl bienaventnrado santo Domingo dezia misa » Fe,'0""> &<*«eil, P- 483. Voy. sur la Question de l'usage liturgique de ce calice : Notice IV

pp. 36, 37.

de sou glorieux patron saint Sébastien1. » De nos jours, les auteurs qui ont eu connaissance du calice n'ont pas signale la patène, excepté cependant M. Rohault de Fleury' et D. Férotin3 qui l'ont fait remonter, eux aussi, à saint Dominique de Silos. Enfin, elle a été reproduite deux fois : I" dans le magnifique ouvrage : Monumentos arquitectônieos de Espana, t. 1, où la chromolithographie osl malheureusement défectueuse au point de vue de la lidélité ; ï° dans l'Histoire de l'abbaye de Silos, par D. Férotin ; la planche V qui la reproduit est une petite glyptographie.

La patène deSilos mesure 0", 3 1 de diamètre. Elle est en argent, mais entièrement dorée à l'intérieur. Elle porte au centre un gros cristal de roche demi-sphérique, de O"',0S7 4 de diamètre, enchâssé dans une bâte cerclée d un lil granulé. Huit lobes saillants, avec écoinçons ornés de rinceaux gravés, presque tous différents, rayonnent autour de ce cristal de roche. Un bandeau circulaire réunit ensuite les écoinçons au bord supérieur, La décoration de ce rebord forme presque toute la parure de la patène, — et quelle parure vraiment délicieuse I Les contours sont ornés, vers les lobes, d'une bande l'apportée et soudée qui porte un rang de perles en métal entre deux lignes de grènetis d'une finesse extrême. De l'autre côté, tout à l'extérieur, une succession de petits motifs en creux forme la bordure. Entre ces deux bandes s'élend une ravissante décoration de cloisons multiples qui s'enroulent en spirales, s'opposent ou se rencontrent les unes vers les autres. Un autre motif s'adjoint aussi maintes fois aux volutes ; il a la forme d'une larme et est dessiné par une toute courte bandelette simplement recourbée et réunie par ses deux extrémités. Tous ces lils de métal sont simples, granulés sur la tranche supérieure et soudés en plein sur le fond; ils ne présentent aucune adjonction de vrilles, de roses ou d'autres détails. La conservation de ce travail est excellente, sauf en quelques endroits où la soudure étant trop légère, les tiges métalliques ont quitté la place qui leur était assignée. L'œil peut suivre, sur l'héliogravure, ces cloisons délicates qu'on a placées à la pince et soudées sur la plaque d'excipient , ces dessins d'une correction

1. « Item ay un caliz de plata, coa su patena adornada de diferentea piedras, y algunafl de macho volor, todo lo cual hizo tambien nuestro Padre santu Domingo a honra de su »lorioso patron san Sébastian... » (El /f/orioso thaumaturge espailol,... lib. III, cap. m.)

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