Histoire, p. 46, note 3, et p. 45, note
PATÈNE MINISTÉRIELLE 67 de style, d'une régularité, «l'une pureté de contours absolument parfaites. On est charmé de l'ensemble et des détails, el on se demande comment 1 orfèvre a pu exécuter avec tant «l'art ce merveilleux réseau qui doit être un des travaux les plus achevés en ce genre, nous l'avançons hardiment, après examen d'un bon nombre de pièces filigranées.
11 a été fait allusion aux gemmes qui viennent prêter leur éclat harmonieux à cette décoration. Vingt-deux sont encore conservées; treize ont disparu. Notons d'abord deux cristaux de roche et deux sardonyx gravées qui, avec la grosse pierre du centre ,1e la patène, sont disposés en forme de croix. Les autres gemmes sont des topazes, des cornalines, des opales, des agates, etc. Presque toutes sont en cabochon; quelques-unes cependant sont en table, avec chanfrein. La disposition ,1e ces pierres est celle que l'on retrouve sur bon nombre de pièces d'orfèvrerie : les plus grosses sont placées au milieu du bandeau, entre quatre petites qui les cantonnent. La monture est la même pour toutes : une bâte sans grilles, circonscrite par un fd granulé.
Parmi les pierres antiques qui décorent le large bandeau, se trouve un camée, gravé sur sardonyx et figurant un buste de femme. Aucune inscription, aucune caractéristique ne permettent de savoir quelle est la personnalité représentée. C'est un travail médiocre de l'époque impériale romaine. - Nous avons aussi trois intailles. L'une d'elles, très inférieure au point de vue de la gravure, figure un homme debout, les jambes écartées, et tenant d'une main un sceptre ou un bâton. La seconde, qui est préférable au point de l'exécution, représente un pâtre écorchanl ou vidant un animal suspendu parles pieds. Il existe au Louvre un groupe en marbre pentéhque qui offre le même sujet; on le désigne sous le nom à'Écorckeur rustique' (salle du Gladiateur, n°.'il7).
Enfin, sur l'intaille qui fait face au camée, on voit une inscription latine, en caractères grecs, inscrite dans un cartouche dont le pauvre style indique de suite une époque de décadence.
CAABCO KOM MOACO OHAIZ «ATCTEINA
Ce S^i'pe n été publié dans le Susée de sculftture antique et moderne, par CI,, Atlas £ Ie, pl. 287, fig, 178.
Hûbner a donné cette inscription sans commentaire1, d'après la chromolithographie qui reproduit la patène, dans les Afonuinentos arquitectônicos île Espana, mais en copiant aussi les trois erreurs qui ont échappé au dessinateur D. Francisco Aznar y Garcia. D. Férotin a publié également l'inscription cl en a donné un petit dessin-.
Cette formule dédicatoire se rapporte à une peste qui, dans la seconde moitié du II" siècle, décima l'Italie, et dont les auteurs anciens nous ont tracé en quelques mots les ravages effrayants3. Ce fléau fit une large brèche à la famille de Marc-Aurèle. Le jeune Commode échappa cependant à la contagion et c'est en mémoire de cette préservation (CAABCO KOMMOAto) que Faustine, sa mère (<t>HAIZ OATCTEINA) lit graver l'inscription ci-dessus.
L'intérieur de la patène est peut-être suffisamment connu maintenant. L'extérieur n'offre aucune décoration, sinon un bandeau à ruban brisé et gravé qui contourne le bord extérieur (lîg. lïï, dimension de l'original).
Fig. 15. — Délai! du bandeau, au revers de la patène.
C'est la seule partie qui soit dorée, tout le reste a conservé la couleur de l'argent.
Ce revers de la patène présente, en saillie, une petite soucoupe qui ne fait qu'un avec elle et que rien n'indique à l'intérieur, parce qu'elle correspond exactement au cristal de roche qui occupe le centre. Jusqu'en ces dernières années, ce cristal était serré de près par la bâte qui l'entourait. D'autre pari, la légère saillie de dessous était peut-être regardée comme la partie inférieure de cette bâte. Personne en tout cas n'avait songé a soulever la pierre. Après avoir examiné la précieuse patène, l'idée nous vint, un jour, mie la petite boite d'argent renfermait peut-être quelque trésor. Écarter soigneusement et tout autour la feuille de métal qui sertit la gemme, enlever ce cristal et plonger un regard avide au fond de l'alvéole, fut l'affaire de quelques instants. Nous ne vîmes d'abord qu'une couche de line pous-
1. Inscriptionum Bispanùe latinarum suppîem8nUiml 1892, p. 1025.