APT EURE
rembourser leurs frais d'études s'ils abandonnaient la théologie. Le duc pouvait faire remise de cette restitution.
Le plan d'étude resta jusqu'at XVII: siècle tel que lavail pro posé le due Christophe ; les princes qui lui succédèrent conçurent en outre le projet ambitieux de fonder à Montbéliard une véritable université.
En 1598, le comte Frédéric acheta plusieurs immeubles pour l'emplacement de l'université (‘); en 160%, on en commença la construction; un plan d'études fut créé. La guerre de Trente ans fit momentanément sombrer les grands projets du comte. Son idée fut reprise par ses successeurs; le comte Georges décida en 1664 la création d'un grand collège. En 1671, cet établissement prit le nom d'université. Celle-ci ne dura que six ans, jusqu'en 1677. À cette époque, Louis XIV qui s'était emparé de Montbéliard, fit chasser le personnel enseignant et le remplaça par deux capuecins. La paix de Ryswick obligea la France à restituer Montbéliard au Wurtemberg; mais sous le règne du trop fameux duc Léopold-Eberhard, l'école tomba de nouveau; ses successeurs, Eberhard Louis et Charles-Alexandre, relevèrent les études et réorganisèrent l'école latine sous le nom de gymnase,
Le due Eberhard-Louis S'occupa beaucoup de l'instruction ; il publia, le 30 août 172%. son (Supplément à l'ordonnance ecclésiastique de 1559». 1linsiste particulièrementsur l'importance de l'instruction religieuse; celle-ci doit être très poussée, et l'étude de la Bible forme une des matières capitales du programme ; les sciences n'y avaient qu'une place tout à fait secondaire. L'ordonnance réduit ensuite le nombre des stipendiaires et expectants de près de moitié ; elle s'occupe du rôle des « visiteurs »; la discipline, l'éducation et les mœurs des écoliers seront sous leur contrôle.
En 1753, une nouvelle ordonnance (*) vint réglementer les écoles : comme les précédentes, elle s'étend longuement sur les devoirs des maitres. Les classes auront lieu en été depuis la Saint-Georges Jusqu'à la Saint-Martin, de sept heures à dix heures du matin et de midi à trois heures; l'hiver, de huit heures à onze heures et de midi à trois heures.
« Le précepteur emploiera soigneusement ces heures-là à
(1) I ne subsiste plus que la partie nord de ces bàtiments ; les ailes ouest et sud ayant été démolies lors de la construction de l’église catholique en 1859. (2) Collection Duvernoy.
l'instruction de la jeunesse, ayant soin de l'exercer autant qu'il le pourra dans le chant des psaumes et des cantiques, comme aussi de joindre à la lecture de chaque chapitre {), une briève explication de son contenu. »
L'ordonnance parle ensuite des moyens de répression qui pourront être employés pour forcer au travail les élèves paresseux ou indisciplinés.
« Pour l'usage de la discipline et correction chez les enfants, il ne lui est ni convenable ni permis de se servir de bâtons ou baguettes pour les en frapper, ni de la main, soit pour leur donner des coups de poings ou soufflets, bien moins encore de leur donner des coups de pieds, mais il pourra se servir uniquement pour cela d'une verge, soit pour les châtier sur les mains, soit pour leur donner le fouet. » (?).
L'ordonnance s'occupe encore des enfants; elle leur recommande la propreté et l'exactitude, leur interdit de se présenter à l'école « avec un visage et des mains sales ou une tête mal peignée, à défaut de quoi ou d'excuses légitimes, ils seront châtiés ou reculés dans leur ordre de promotion ».
Nous avons déjà vu que dès l'introduction de la Réforme, l'instruction était devenue obligatoire; l'ordonnance de 1753 précise exactement le caractère et la nature de cette obligation. Tout enfant, parvenu à l'âge de six ou sept ans, doit fréquenter les écoles ; les parents sont obligés de les y envoyer; les élèves ne pourront être retirés de l’école avant la fin de leurs études ou sans l'autorisation des visiteurs ou du Conseil ecclésiastique.
L'instruction était obligatoire, et chose plus rare encore, elle était gratuite, du moins pour les indigents ; quant à ceux qui pouvaient payer, ils versaient une très légère redevance.
Chaque enfant donnait, à l'entrée de l'hiver, quarante sols pour le chauffage de l'école ; quant à ceux qui ne pouvaient pas les donner, ils étaient tenus d'apporter chaque matin « une bonne bûche de bois ». En outre, chaque élève devait fournir deux balais par an ou deux paquets de bois de genièvre (”).
C'était peu ; on peut donc dire que l'instruction était gratuite ; c'est un grand honneur pour le gouvernement du Wurtemberg que de l'avoir instituée.
Les vacances étaient très nombreuses; en 1753, elles atteienaient le chiffre de 235 jours par an, ainsi répartis :
(4) I s’agit ici de la Bible.
(2) Collection Duvernoy, Besançon.
Dimanches, jeudis après midi et samedis en entier 156
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Cela faisait donc 235 jours de vacances, il ne restait que 130 jours de travail; ce n'était vraiment pas excessif, et les élèves du gymnase n'avaient pas à se plaindre.
A la fin du XVIII siècle, les écoles prospéraient ; elles ne comptaient pas moins de #18 élèves, parmi lesquels 253 garcons et 165 filles. La population de la ville était d'alors environ 4000 habitants,
Les écoles de filles existaient depuis 1680. Enfin, à côté de celles-ci il y avait un certain nombre d'écoles particulières; en 158%, elles avaient été momentanément supprimées; cette prohibition ne dura pas, et au XVIII siècle, les écoles privées étaient assez nombreuses
La France S'empara de Montbéliard en octobre 1793, et au mois de mai 179%, elle supprima le gymnase; 1l est vrai qu'elle y rétablit bientôt l'instruction, mais la ville y perdit beaucoup; dans les nouvelles écoles révolutionnaires, les élèves ne recevaient pas une instruction aussi complète que dans l’ancien gymnase ; les bourgeois purent le regretter. Le gouvernement de la Révolution ne se montra pas sous ce rapport à la hauteur des princes de Wurtemberg.