‹ L'ancienne et la nouvelle foi: confessionChapitre 110 sur 175 · VAI.EUR DE LA FORME MONARCHIQUE · texte numérisé non relu

VAI.EUR DE LA FORME MONARCHIQUE

ces vices, enracinés dans la plus vantée des républiques, ont apparu si clairement et se sont répétés si souvent dans ces dernières années, que le zèle des orateurs, des publicistes et des poëtes allemands , pour aller chercher au-delà de l'Atlantique leur idéal politique et même moral, s'en est refroidi dans une certaine mesure.

Un zèle semblable ne s'adresse pas, à la vérité, au-delà du détroit; et cependant nous pourrions emprunter aux Anglais encore plus de choses, et des meilleures, qu'aux Américains ; surtout une appréciation plus exacte de ce qu'un peuple peut devoir à une monarchie et à une dynastie anciennes. On put, dans les dernières années, être quelque peu effrayé et inquiet pour la tranquillité politique de l'Angleterre, par l'agitation républicaine qui s'y développait ; car il ne peut échapper à quiconque est seulement à demi intelligent qu'avec la république on pourrait dire : finis Britanniœ, Mais le prince de Galles tomba dangereusement malade, et, bien que la nation ait mainte chose à reprendre à la personne et à la conduite de l'héritier présomptif du trône, l'émotion générale atteignit à de telles hauteurs , que les agitateurs républicains eux-mêmes se virent amenés à mettre en scène une adresse de condoléance à la reine. Quel solide instinct politique dans ce peuple ! Combien les Français ne doivent-ils pas le leur envier ! eux qui ont déraciné leur dynastie avec trop de hâte, et qui, ballottés depuis entre le despotisme et l'anarchie , ne peuvent ni vivre, ni mourir. Et comme nous devons nous estimer heureux , nous .Mlemands, que dans la suite des faits et des événements des dernières années, la dynastie des HohenzoUern , franchissant les frontières prussiennes,

ait enfoncé d'aussi profondes racines dans tous les pays de TAllemagne, dans tous les cœurs allemands !

Que la monarchie doive s'entourer d'institutions républicaines, cela est une formule française à laquelle, il faut l'espérer, nous ne nous arrêterons pas; de même, arborer comme un drapeau le parlementarisme, c'est encore aller chercher son idéal à l'étranger. Il est bien préférable que, du caractère du peuple allemand et des conditions de l'empire , sous l'action commune du gouvernement et de la nation, se développe une constitution qui puisse réunir la puissance de l'unité à la liberté , la prospérité intellectuelle et morale à la prospérité matérielle.

Je suis bourgeois, et je suis fier de l'être. Quoi qu'on puisse dire des deux côtés, qu'on raille si l'on veut, la bourgeoisie n'en reste pas moins le noyau du peuple, le foyer de ses mœurs, non-seulement le multiplicateur de son bienêtre, mais encore le cultivateur de la science et dé l'art. Le bourgeois qui pense s'honorer quand il cherche à s'élever à la noblesse ou qu'il en achète le titre, se déshonore à mes yeux; et même quand un homme de mérite, sortant de la bourgeoisie, accepte avec gratitude l'élévation dans une autre classe , qui lui est accordée comme récompense , je hausse les épaules comme devant une faiblesse digne de pitié.

Malgré cela, je suis loin d'être un ennemi de la noblesse

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