‹ L'ancienne et la nouvelle foi: confessionChapitre 134 sur 175 · LES DRAMKS DE SCHILLER · texte numérisé non relu

LES DRAMKS DE SCHILLER

place Saint-Marc, à Venise : Il est mort à neuf heures, il est fait allusion à cette circonstance historique, que le prince héritier présomptif du Wurtemberg étant mort avant son père (23 novembre 1731), le prince Charles- Alexandre, descendant d'une des lignes collatérales, était ainsi devenu le futur possesseur de la souveraineté ducale.

Parmi les drames de Schiller, je place en première ligne Wallenstein, Tell, Cabale et Amour, ceux-là et dans cet ordre.

Wallenstein appartient, comme Faust, Meister, les Parentés électives, Hermann et Dorothée, aux poëmes qu'il serait bon de relire chaque année. De toutes les pièces de Schiller, elle est la plus riche, la plus puissante et la plus mûrie. Elle ne dément pas son inspirateur : je pense qu'elle a dû être composée au temps de la plus réelle action de Goethe sur Schiller. L'idéalisme du dernier semble s'être pénétré de toutes parts du réalisme de l'autre. On sent aussi l'influence de Shakespeare dans l'ampleur de l'exécution comme dans la conception du principal caractère : Wallenstein est en même temps un Macbeth et un Hamlet. On a beaucoup discuté sur les imperfections de détail, mais elles ne peuvent rien contre l'effet produit par le tout. Le prélude, le Camp de Wallenstein, malheureusement le dernier rejeton que produisit la verve comique si généreuse de Schiller, qui s'était déjà exercée dans les

Brigands et Cabale et Amour, ce prélude est écrit avec une légèreté et une bonne humeur que rien ne surpasse. La manière dont il a su employer des matériaux qui lui étaient si étrangers, dans le sermon du capucin, comme les sermons du père Abraham a sancta clara, celle dont il a su introduire dans la tragédie l'élément astrologique, ou dans le poëme lyrique, la Plainte mortelle de Nadowess, témoignent du talent extraordinaire de Schiller pour donner la forme poétique à une matière complètement objective, aussi souvent qu'il voulîCit se donner la peine de se soumettre à une telle contrainte.

La fraîcheur, la couleur locale, le sentiment populaire animent Guillaume Tell. Dès le début, la scène du bord du lac appartient aux productions poétiques les plus grandes qui aient jamais paru. Nulle part non plus, Schiller n'a exposé plus clairement sei^ propres vues politiques. La conjuration sur le Ruttli est un trait extraordinaire de génie. La scène où Tell doit abattre la pomme nous met hors de nous-mêmes. Comparée à tout le reste, l'intrigue amoureuse inévitable est pleine de sécheresse; mais elle en reste d'autant plus au second plan. De temps en temps, l'harmonie du tout est troublée par une dissonance entre la rude couleur locale, qui est partout recherchée et souvent atteinte, et le classicisme hellénique, qui commence à tourner au maniéré. Et à ce point de vue le grand style de la scène entre Stauffacher et sa femme, succédant immédiatement à la scène populaire du début, produit au théâtre une impression désagréable.

Cabale et Amour, malgré les invraisemblances et tout ce que la raison puisse objecter, est une pièce d'une

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