XXXVIII PREFACE
sans se soucier en aucune façon du domaine ecclésiastique. Une fois encore, ce qui était séparé avait besoin d'être uni et je no sus pas résister à Tattrait de cette tache, plus que je ne l'avais fait dans un cas précédent. Quand de jour en jour croit en nous l'espérance de montrer les conditions sous lesquelles, selon des lois naturelles, le vivant s'est formé du non-vivant, le conscient de l'inconscient; quand, en outre, tout nous invite à concevoir le monde dans son entier, l'Etre, comme existant par lui-même, sans que notre pensée puisse s'élever plus haut : que devient alors le créateur personnel qui aurait produit la merveille d'appeler à l'existence tout d'abord le monde, ensuite tous les chaînons particuliers de la chaîne de la vie ? Et que devient, en face d'une telle conception de toute chose se développant dans un ordre constamment naturel, l'Eglise, dont tout le système des croyances repose sur un commencement merveilleux, une destruction violente et une recrudescence également merveilleuse dans le développement du monde et de l'humanité?
Plus d'un, sans doute, eut conscience de cette tache et dut se sentir capable de l'accomplir, qui cependant passa outre et fut ainsi tout au moins prudent. Il ne faut pas éveiller le lion endormi si l'on est pas décidé à soutenir contre lui le combat sans merci. L'humanité, il est vrai, s'est civilisée. Non-seulement on peut aujourd'hui affirmer le cours de la terre autour du soleil sans avoir à craindre la prison et la torture; on peut même nier la divinité du Christ sans courir le risque du bûcher. Mais la limite est néanmoins tout près d'être atteinte. Celui-là n'est plus brûlé qui ne voit plus en Jésus qu'un homme, qui ne reconnaît plus