XLVIII .PRÉFACE
des membres moins accomplis d'une même série évolutionnaire. Enfin, la théorie de l'hérédité, unie avec la notion de la sélection naturelle, lui imposera cette idée € que l'âme est née comme résultat de certaines combinaisons matérielles successives, qui, tandis que d'autres s'évanouissaient , se sont élevées et perfectionnées, apportant par la concurrence vitale à l'individu de précieuses qualités, à travers une immense série de générations ».
Maintenant , je le demande : peut-il entrer dans les vues d'un chercheur qui s'exprime ainsi, parce qu'il a tracé des limitas au savoir humain, de se laisser coUoquer au milieu d'un tas d'hypothèses vieillies et de dogmes usés? Puis il projette encore dans ces régions un véritable brandon. Que personne, remarque-t-il précisément dans son fameux discours de Leipzig, ne fasse au naturaliste un reproche de ne pas accorder la vie de l'âme à la plante, puisqu'il n'y trouve pas de système nerveux. € Mais que pourrait- on lui répondre, poursuit l'orateur, si, avant d'accepter la notion d'une âme du monde, il demandait qu'il lui fût montré quelque part dans le monde, se nourrissant de sang artériel dans le sens propre du mot, un faisceau de ganglions ou de filets nerveux dont les dimensions répondissent au pouvoir spirituel d'un telle âme. » Je me garderais bien de prêter à personne, et moins encore à un homme aussi important, dans une circonstance aussi délicate, une pensée qu'il n'aurait pas expressément formulée ; mais il ne peut m'interdire de r^rendre à nouveau pour mon compte sa proposition, et de l'appliquer à la notion d'un Dieu personnel.
Les autres objections empruntées par mes critiques â