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LA CRÉATION

prendre, que Dieu ait dû employer cinq grands jours à la création et à l'arrangement de la terre, et seulement un seul pour tirer du néant le soleil avec toutes les étoiles fixes et les planètes (qui, il est vrai, dans le récit biblique ne sont pas cela, mais seulement des flambeaux allumés).

A ces difficultés astronomiques devaient bientôt s'ajouter de non moins grandes difficultés géologiques. En un seul jour, le troisième, les terres et les mers auraient été séparées, et avec cela encore créé tout le monde des plantes; tandis que les géologues nous disent que nonseulement des milliers, mais des centaines de milliers d'années ont été nécessaires à ce progrès des formes. Au sixième jour, abstraction faite des oiseaux créés auparavant, la totalité des animaux terrestres, y compris ceux qui rampent, et enfin l'homme seraient venus à l'existence : développement qui également, comme nous l'enseigne la science actuelle , exigea des périodes terrestres d'une immense durée.

H y a bien encore non-seulement des théologiens, mais aussi des naturalistes qui ont fait appel à tous leurs petits moyens. Que Dieu ait créé le soleil seulement trois jours après la terre, cela veut dire qu'il n'est devenu visible qu'alors pour le globe terrestre, jusque là vaporeux. Et les jours, bien que le narrateur les ait expressément limités entre le matin et le soir, ne doivent pas être des jours de douze ou de vingt-quatre heures, mais des périodes de création que l'on peut allonger au gré des besoins.

16 SOMMEe-NOUS ENCORE CHRÉTIENS?

Celui qui reste fidèle à l'antique foi chrétienne doit plutôt dire : Fi de la science ! C'est écrit dans la Bible, et la Bible est la parole de Dieu. L'Église l'accepte ainsi, et l'Église évangélique en particulier, dans l'étroit sens du mot. L'Écriture sainte, avec ses difierents livres, est bien de la main des hommes ; mais ceux-ci ne furent pas livrés à leur fugitive mémoire, à leur raison incertaine; Dieu lui-même (c'est-à-dire le Saint-Esprit) leur suggéra ce qu'ils devaient écrire. Et ce que Dieu suggère est l'infaillible vérité. Donc ce que ces livres racontent doit être tenu comme absolument historique; ce qu'ils enseignent doit être considéré comme une règle également absolue pour la foi et la vie. Dans la Bible il ne peut être question de récits erronés ou contradictoires, d'opinions ou de jugements faux. Quoi qu'elle dise ou enseigne qui révolte notre intelligence : où Dieu parle, le silence modeste convient seul à l'esprit humain.

Eh quoi? la sainte Écriture ne serait-elle pas la parole de Dieu? Expliquez alors comment Isaïe, s'il fut livré à sa science humaine, put prédire que Jésus naîtrait fils d'une vierge, et Michée, que ce serait à Bethléem. Comment put ce même Isaïe, un siècle et demi avant le Perse Cyrus, désigner nominalement celui-ci comme devant délivrer les Juifs de la captivité de Babylone, qu'ils ne subissaient pas encore? Comment put Daniel, sous Nabuchodo-

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