LA CHUTE
nosor et Cyrus, prophétiser sans inspiration divine tant de particularités de l'histoire d'Alexandre le Grand et de ses successeurs jusqu'à Antiochus ?
Hélas ! tout cela s'est de longtemps très-bien expliqué, — c'est-à-dire pour la science ; mais très-dangereusement pour l'antique foi. Ni Isaïe, avec spn fils de vierge, ni Michée, avec son dominateur de Bethléem, n'ont pensé de loin à notre Jésus. Le dernier tiers des prophéties d'Isaïe provient d'un contemporain de Cyrus , comme tout le livre de Daniel d'un contemporain d'Antiochus, sur lesquels ils pouvaient prédire de façon très-humaine, soit après, soit pendant l'événement.
La même chose a été reconnue à l'égard des autres livres bibliques. Nous n'avons plus ni Moïse, ni Samuel parmi leurs auteurs. L'on sait que les livres qui portent leurs noms sont des compilations bien postérieures, dans lesquelles, avec peu de critique et beaucoup de tendance, on a fait entrer de vieux morceaux d'époques différentes. Il en est- tout à fait de même en ce qui concerne les écrits du Nouveau Testament, et nous aurons bientôt occasion d'en parler.
Nous sommes déjà sortis du symbole des apôtres, dont le premier article est aussi par trop court. Pénétrons plutôt encore quelques pas dans le récit mosaïque , dont le second et le troisième chapitre ont servi , comme le pre-
mier, de fondement à la doctrine de l'Eglise chrétienne. L'histoire de la création est suivie de l'histoire de la chute de nos premiers parents, point d'extrême importance , puisque c'est pour anéantir ses résultats que le Sauveur sera envoyé dans le monde.
Nous avons ici devant nous, comme dans l'histoire de la création , un poëme didactique , qui , en soi digne de tout honneur, par sa transformation en dogme a été placé dans la désagréable situation d'être méchamment interprété, puis détesté et finalement combattu. Le poëte veut montrer comment le mal et les misères qui assaillent l'homme ont pénétré dans un monde que Dieu avait cependant créé bon. La faute ne peut être à Dieu; elle ne peut être tout entière à l'homme : aussi un séducteur est introduit, qui persuade au premier couple humain de transgresser les ordres divins, et ce séducteur est le serpent.
Là -dessous l'auteur du passage nWtend rien autre chose que l'énigmatique animal dont la haute antiquité savait raconter tant de merveilles ; mais plus tard le judaïsme et bientôt après le christianisme y trouvèrent le diable , qui , transporté de la religion persique dans la juive , devait là , et plus encore dans la religion chrétienne, jouer un rôle si important.
Pensons seulement à Luther, qui vivait dans cette foi au diable et croyait sans cesse l'ennemi attaché à ses pas. Il attribuait à l'influence immédiate du démon et de ses séides infernaux non-seulement les mauvaises pensées et les tentations, mais aussi les maux extérieurs qui se précipitent sur l'homme, les douleurs et la malemort, l'incendie et la grêle. Bien que cela témoigne d'une insuflS-