‹ L'ancienne et la nouvelle foi: confessionChapitre 38 sur 175 · LE PÉCHÉ ORIGINEL. LE CHRIST · texte numérisé non relu

LE PÉCHÉ ORIGINEL. LE CHRIST

fer ! H faut s'étonner qu'une telle idée, qui soulève en même temps la raison et la droiture, qui d'un Dieu aimable et adorable fait un être horrible et exécrable, qu'une telle idée ait jamais pu être accueillie en aucun temps, si barbare qu'on se l'imagine, et qu'on ait jamais pu seulement écouter les subtilités par lesquelles on cherchait à l'adoucir.

Cependant le Christ fut envoyé dans le monde pour réparer le mal causé par Satan ; et nous revenons ainsi au symbole des apôtres, dont le second article, qui se rattache à celui de Dieu le père , est ainsi conçu : « et (je crois) en Jésus-Christ, son fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la vierge Marie, a souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli ; est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité d'entre les morts; est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu, le père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts. »

Ici se présente cette singularité, qu'entre tous les passages énumérés , nous ne pouvons accorder de foi , ou même prêter d'attention, qu'à ceux qui n'ont aucune valeur pour la foi dans le sens ecclésiastique , parce qu'ils ne racontent du Christ que ce qui peut arriver à tout homme. Ce que peut être un fils unique de Dieu le père , nous ne le savons plus. Dans le « Conçu du Saint-Esprit,

né de la vierge Marie », nous sentons un souffle mythologique; seulement les générations des dieux grecs nous paraissent mieux trouvées que la chrétienne. Comme je l'ai dit, nous nous refusons d'autant moins à accepter les souffrances et la mort sur la croix au temps de Ponce- Pilate, que cela n'a en soi rien d'invraisemblable, et au surplus est rapporté par un historien romain. Mais voici le plus merveilleux. La descente aux enfers n'est mentionnée par aucun évangéliste. La résurrection l'est bien par tous; mais par nul qui en ait été témoin, et en outre avec des circonstances toutes différentes, bref, comme doit être racontée une chose à laquelle il faut dénier le caractère historique. Et quelle chose encore? Une si impossible, si contraire à toutes les lois naturelles qu'il la faudrait prouvée dix fois certaine, pour que nous puissions seulement hésiter et ne pas la nier tout d'abord. Viennent enfin l'ascension au ciel, où nous avons bien des astres, mais ne trouvons plus aucun trône de Dieu, à la droite duquel on puisse s'asseoir ; et le retour pour le jugement du dernier jour, tandis que nous ne savons d'un jugement divin que ce qui s'en accomplit à chaque heure dans le temps présent. Et ce ne sont pas là quelques idées fantastiques d'un symbole postérieur; mais comme plus haut pour le diable, l'enseignement exprès du Nouveau Testament.

Le petit catéchisme luthérien désigne ce second article

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