XIV PREFACE
C'est qu'alors on avait bâclé tellement quellemenl en Allemagne un accord entre la métaphysique et la théologie. Strauss décrit d'une manière aussi originale que spirituelle cet autre haiser Lamourette : comment la longue inimitié entre la philosophie et la religion parut se terminer heureusement, grâce à un traité d'alliance des deux puissances; comment la philosophie , Torgueilleuse païenne , se soumit humblement au baptême et déposa un acte de foi orthodoxe, pendant que l'orthodoxie, de son coté, lui donnait un certificat de christianisme et engageait la communauté à l'accueillir avec bienveillance; comment, enfin, les jeunes théologiens laissaient jouer autour de leur cou et de leur poitrine le serpent du doute, sûrs de le bannir à l'aide de la formule d'exorcisme qu'ils possédaient \ Tout cela est dit excellemment; mais cette phase de l'esprit métaphysique allemand, dans sa forme la plus avancée, celle de Hegel, n'est-elle pas curieuse? Strauss fut, parmi les hégéliens, un de ceux qui rompirent avec le plus d'éclat le traité.
Aujourd'hui il s'est porté au delà de sa Vie de Jésus et de son Histoire de la dogmatique dans la voie à la fois critique et organique ; car l'idée prin-
^ On comprend quMl s'agit ici de la jeunesse des écoles théologiques protestantes de TAllemagne.