‹ L'ancienne et la nouvelle foi: confessionChapitre 7 sur 175 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

cipale de son livre gît dans la question : sommesnous chrétiens? et dans la réponse : nous ne le sommes plus.

Nous? Qui nous? se demande Strauss. Et cette demande, il faut la faire avec lui ; car il est certain que, dans les pays chrétiens, un très-grand nombre sont encore chrétiens. Mais, malgré ce fait incontestable, le nom de Strauss n'en demeure pas moins l'expression de la situation moderne. Ce qui la caractérise, en effet, c'est moins l'énumération de majorités, les unes compactes, les autres ébranlées, que la conception du monde.

La conception du monde, telle que les découvertes certaines de l'astronomie, de la physique, de la chimie, de la biologie, de la sociologie l'établissent, n'a plus rien de commun avec la conception du monde telle que la présentent traditionnellement les dogmes de la théologie chrétienne. Strauss a raison : nous ne sommes plus chrétiens ; car, pour l'être, il faudrait croire que la terre est l'opposé du ciel ; qu'une multitude d'esprits , les uns bons , les autres méchants, errent, allant du ciel et des abîmes à la terre, ceux-ci pour nous protéger, ceux-là pour nous nuire; que la terre est d'origine récente, et que l'homme a commencé son existence par une condition paradisiaque et par la perfection de sa

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