PREUVE COSMOLOGIQUE DE INEXISTENCE DE DIEU
jectifs de celle-ci tombent encore un des attributs essentiels du Dieu personnel.
Ici, semble-t-il , va enfin donner, bien qu'un peu démodée, toute la grosse artillerie des soi-disant preuves scientifiques de l'existence de Dieu, qui, dans les intentions de leurs auteurs, doivent prouver un Dieu dans le sens propre du mot, c'est-à-dire un Dieu personnel.
Nous avons d'abord affaire à l'argument dit cosmologique, qui de la contingence du monde conclut à l'existence d'un être nécessaire. De toutes les choses que nous observons dans le monde, aucune n'est par elle-même, chacune a le fondement de son existence dans d'autres choses, qui sont placées dans cette même nécessité de s'appuyer sur d'autres choses encore ; la pensée se trouve ainsi ballottée de l'une à l'autre, et ne trouve pas de repos qu'elle ne soit arrivée à la conception d'un être, qui n'emprunte plus le fondement de son existence à autrui, mais le porte en luimême, qui nesoit plus contingent, quisoitun être nécessaire.
Mais tout d'abord cet être nécessaire serait encore bien loin d'être personnel ; cela prouverait une cause supérieure, mais ne prouverait pas un auteur intelligent du monde. En second lieu conclure à une telle cause n'est pas correct. Elle serait d'une autre nature que l'efiet. La cause du monde serait une chose difierente du monde, en dehors duquel nous finirions ainsi par nous placer. Mais y
sommes-nous autorisés par le cours des choses? Quand nous nous adressons aux êtres ou aux phénomènes particuliers, nous pouvons en examiner dans le monde autant que nous voulons, et arriver logiquement à reconnaître que chaque fait particulier a sa raison dans d'autres faits également particuliers, qui de leur côté se trouvent dans le même cas; alors nous concluons avec raison, de l'analogie de tous les phénomènes observés, à une règle semblable pour tous ceux qui l'ont été moins complètement. Peut-il s'ensuivre alors que tout l'ensemble des choses particulières ait son fondement dans un être qui échapperait à cette règle, qui, lui, n'aurait pas, comme tout ce qui existe, son fondement en autrui, mais l'aurait en lui-même? C'est là une conclusion qui n'a ni cohésion ni valeur. En raisonnant logiquement sur les choses de ce monde, nous n'arriverons jamais à en sortir. Puisque chacune d'elles a son fondement dans une autre et ainsi de suite jusqu'à l'infini, nous ne concevons pas l'idée d'une cause dont l'effet serait le monde, mais l'idée d'une substance dont les accidents sont les êtres particuliers de ce même monde ; nous ne concevons pas un Dieu, mais un Univers toujours égal à luimême, reposant sur lui-même dans un perpétuel échange de phénomènes.
Cette preuve cosmologique, nous dit-on, ne doit pas être considérée en soi, et n'acquiert toute son importance que par son ullianco avec hi preuve téléologique ou physico-théologique. Celle-ci ne prend pas seulement pourpoint de départ le fait nu de la dépendance et de la contingence des êtres, mais leurs propriétés définies, leur organisation, qui dénote un but préris, soit dans le tout, soit dans les parties. Si nous