XVI PREFACE
nature. Tout cela appartient désormais au domaine des mythes qui , en se perfectionnant , ont fait les religions et discîijJiné l'humanité.
Notez bien que la doctrine scientifique, ainsi opposée à la doctrine théologique, est présentement répandue dans l'air intellectuel que nous respirons, et qu'il est peu d'intelligences qui , directement ou indirectement, n'en aient quelques notions.
La raison , quand elle applique l'érudition et la critique aux Écritures, et qu'elle travaille nonseulement à en déterminer le sens, mais aussi à en rechercher l'origine, le degré de crédibilité et la mesure de valeur, la raison, dis-je, se met, par cela même, au-dessus du texte sacré. La remarque est de Strauss. Dès que la culture des peuples devient culture intellectuelle, et particulièrement dès qu'elle prend pour agent l'observation de la nature et de ses lois, alors une opposition s'élève qui empiète constamment sur le domaine de là théologie. Cette remarque est encore de Strauss. Mais il y a bien longtemps, et beaucoup avant le rôle de Strauss dans la polémique suscitée par l'état des esprits, la philosophie positive a établi avec de bien autres développements que, dans la balance sociale, la cause qui produit l'abaissement progressif du plateau portant la théologie, estdans l'ascension, progressive