ORIGINE DES PLANÈTES
tour du mouvement, en vertu de laquelle surtout les forces de la nature, quand elles disparaissent sous une forme, reparaissent sous une autre : dès lors nous voyons poindre à nos yeux la possibilité que dans l'obstacle à un mouvement cosmique la nature possède le moyen de tirer de la mort une vie nouvelle.
Si nous la faisons dériver d'un immense embrasement antérieur, nous devons alors nous représenter cette masse de matière dilatée, que nous supposons avec Kant et Laplace avoir été l'élément relatif de notre monde solaire, comme totalement refroidie par suite de cette extension vers l'extérieur. C'est seulement dans la suite de la gravitation que les atomes dispersés se rapprochèrent peu à peu, affectèrent plus tard encore la forme d'un énorme globe vaporeux, et acquirent d'un côté la chaleur et la lumière, de l'autre leur mouvement de révolution; mouvement naturel à ce globe, comme la forme globulaire est naturelle à une masse composée de matière gazeuse ou liquide. La matière de la périphérie du globe tendit toujours davantage à se rapprocher du centre, et le rayonnement calorique de la surface produisit de nouvelles contractions ; tandis que le globe de vapeur, diminuant d'étendue, tournait de plus en plus vite autour de son axe. Ce mouvement dut atteindre sa plus haute intensité à l'équateur du globe, et c'est ce qui nous fait supposer un gonflement considé-
rable dans sa zone moyenne et aux pôles un aplatissement correspondant.
Mais puisque le globe se contracte sans cesse et en même temps se meut avec une vitesse toujours plus grande, il doit arriver que dans la région où la révolution atteint son maximum d'intensité, certaines parties se détachent de cette masse qui se dérobe, pour graviter peut-être sous la forme primitive d'un anneau dans une même direction autour de la sphère amoindrie. L'astronomie a été conduite, par l'observation de l'anneau de Saturne, à cette pensée, que la division de la masse totale avait pu se faire d'abord sous cette même forme annulaire. L'on se croit autorisé à considérer la génération des satellites qui gravitent autour des planètes prises à part, comme une reproduction en petit du développement planétaire ; et l'on pense voir dans l'anneau de Saturne une ou plusieurs lunes arrêtées dans leur formation ; dès lors, on admet volontiers que les planètes ont passé par l'état annulaire. L'anneau se serait brisé, se serait arrondi en un globe, qui aurait pris un double mouvement dans le sens de la rotation de la masse génératrice, l'un autour de cette masse elle-même, l'autre autour de son axe propre. Cette explication de la formation des planètes laisse entendre que le même ordre de phénomènes se reproduisit plusieurs fois, que la planète la plus éloignée du soleil apparut la première, que la plus rapprochée, au contraire, doit être considérée comme la plus récente.
Les orbites des planètes ne forment pas des cercles, mais des ellipses; elles ne sont pas exactement, elles ne sont qu'approximativement situées dans le plan de l'équateur