PREFACE. XVII
aussi, du plateau portant les sciences positives. Par un résultat perpétuel , qu'on serait tenté d'appeler un fait exprès, toutes les fois que la science positive découvre quelque chose de nouveau, ce quelque chose de nouveau vient heurter directement une conception théologique et produit une lésion irrémédiable. A chaque fois, les esprits intermédiaires, qui abondent en un temps de transition, essayent une accommodation qui, endommageant également la notion positive et la notion théologique, n'accommode rien. * Copernic est quelquefois représenté, dit Strauss, « comme celui qui, par son nouveau système du « monde, a brisé le siège où était assis le vieux « Dieu des juifs et des chrétiens. Il y a là une « erreur, non-seulement en ce qui regarde Copernic « lui-même, qui, pas plus que Kepler et Newton, « ne cessa jamais d'être un chrétien fervent, mais « aussi en ce qui concerne sa théorie. » Suit l'exposé de leurs théories. Ce jugement est étroit. Avec combien plus de raison et de profondeur la philosophie positive fait observer qu'il ne s'agit pas de ce que crurent ces grands hommes ni des hypothèses qu'ils proposèrent, mais qu'il s'agit des découvertes effectives dont ils sont les auteurs! Ces découvertes, prenant dans le système de la science positive la place qui leur appartient, ont été les plus puis-