‹ L'ancienne et la nouvelle foi: confessionChapitre 89 sur 175 · DARWIN ET L ORIGINE DE L HOMME · texte numérisé non relu

DARWIN ET L ORIGINE DE L HOMME

contraire, les singes qui ressemblent à l'homme, comme le gorille, le chimpanzé, Torang et Fhylobate, sont rangés par la plupart des zoologistes dans un groupe secondaire, distinct des autres singes de l'ancien continent. Si cela est accordé, il faut aussi conclure qu'un membre de ce sousordre anthropomorphe a donné naissance à l'homme. Sans doute, en comparaison de sa parenté (animale), l'homme a subi d'importantes modifications, par suite surtout du développement considérable de son cerveau et de sa station verticale. Néanmoins nous ne devons pas oublier qu'il n'est qu'une des meilleures formes des primates. Vraisemblablement l'Afrique fut autrefois habitée par des singes maintenant disparus, proches parents du gorille et du chimpanzé; et comme ces deux espèces sont elles-mêmes les plus proches parentes de l'homme, il est ainsi plus que probable que nos anciens générateurs ont vécu sur le continent africain, et là plutôt que partout ailleurs. Mais il ne faut pas tomber dans cette erreur de croire que l'ancêtre commun de toute la branche des simiades, y compris l'homme, ait été identique ou seulement très-semblable à aucun singe actuellement existant. » Darwin explique la grande lacune qui, on ne peut le nier, sépare l'homme actuel du singe actuel le plus élevé, par cette circonstance, que les formes intermédiaires ont péri, et par cette raison, que celles-ci sont enfoncées dans le sol africain ou asiatique, si peu explorés jusqu'ici par la géologie, et n'ont pu encore être retrouvées. C'est ainsi, ajoute-t-il, que cette lacune * deviendra toujours plus grande, quand dans l'avenir auront été totalement expulsées, d'un côté les races d'hommes inférieures, de l'autre les grands singes anthropomorphes.

Déjà Schopenhauer traite la question dans le même esprit, et, tandis que Darwin et ses successeurs indiquent comme premier générateur de l'homme une espèce disparue des singes anthropomorphes, il désigne tout bonnement le chimpanzé comme ancêtre du nègre africain, c'est-à-dire de la race éthiopienne, le pongo comme ancêtre du jaune asiatique, c'est-à-dire de la race mongolique, et considère les blancs du Caucase comme une race dérivée, qui doit sa couleur à la basse température du climat. D'après lui la naissance de l'homme n'a pu avoir lieu que dans l'ancien monde et seulement entre les tropiques, d'abord parce que l'Australie n'a pas produit de singes, et si l'Amérique en a produit, ce ne furent que des singes pourvus de longues queues, qui jamais ne se sont raccourcies, singes inférieurs par conséquent; ensuite parce que, dans les zones froides, l'homme aurait péri dès le premier hiver.

Petits pas et grandes périodes! pourrions -nous dire, sont les deux formules magiques par lesquelles la science contemporaine devine l'énigme de l'Univers, les deux clefs par lesquelles elle ouvre d'une façon toute naturelle les portes réputées jusque là poin\ ne céder que devant le miracle.

En ce qui touche tout d'abord les périodes, les six mille ans que l'école chrétienne assignait au monde et à rhomrae depuis leur prétendue création sont devenus, en.

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