G. Wvrouboff, Philoio^Me 2-ositive, tome XXVI, p
faveur, par l'organe de ses penseurs les plus marquants, les tendances scientifiques.
Vingt ans plus tard, un autre pays européen, l'Italie, entra dans le mouvement général, qui atteignit peu à peu, à des degrés divers, l'ensemble du monde civilisé ; les groupes sociaux arriérés suivirent, au hasard des circonstances, tantôt la direction de la pensée anglo-française, tantôt la direction de la pensée allemande. Le résultat ultime fut un regain d'activité dans les études de philosophie, qui prirent partout un essor inattendu. L'humanité européenne entrait dans une nouvelle phase philosophique. Le besoin d'une conception du monde, conforme aux immenses progrès du savoir positif, apparaissait de tous côtés, et une première satisfaction fut trouvée à ce besoin dans ce qu'on a appelé les systèmes de philosophie scientifique. C'est dans ce passage de la. philosophie du demisavoir fragmentaire à la philosophie des^ sciences désormais constituées et puissantes, de la métaphysique aux systèmes plus ou moins positifs, que Schopenhauer a joué, du moins en Allemagne et dans les pays qui ont subi l'influence allemande, un rôle important. Kant, en tentant la réforme de l'ancienne philosophie, n'est parvenu qu'à porter à la métaphysique un coup dont elle n'a jamais pu se relever; le nihilisme pessimiste de Schopenhauer est la conséquence inévitable de cette tentative. L'impossibilité d'une conception métaphysique du monde une fois reconnue, il ne restait dans les premiers moments de stupeur que sa contre-partie, — la négation métaphysique de l'univers. Se plaçant sur le terrain de la métaphysique, aucune autre conclusion ne pouvait être tirée de la Crttiqiie de la raison pure, et Schopenhauer, guidé par un instinct très juste, la tira sans hésiter (9).