‹ L'ancienne et la nouvelle philosophie [microform]Chapitre 19 sur 81 · Après Locke, le drapeau du sensualisme passa en de · texte numérisé non relu

Après Locke, le drapeau du sensualisme passa en de

î. la Sociologie. Bibliothèque scientifique iaternationale. Che» Germer- Baillière (Félix Alcan).

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dignes mains. Comme penseur, Hume est non seulement au niveau de Bacon, de Hobbes, de Locke, de Berkeley, de Kant, mais il leur est [»eut-être supérieur, et sa valeur ne doit pas être mesurée par la part de gloire qui lui échut de son temps. Des causes fort diverses, l'insuflîsante préparation du milieu, le Silence intéressé et l'oubli parfois involontaire des prédécesseurs par les successeurs, expliquent pourquoi les disciples sont souvent préférés aux maîtres et les adaptations habiles aux originaux. Ce fut le sort de Hume : il fut éclipsé par ses imitateurs et particulièrement par Kant qu'on a appelé plus d'une fois le Hume allemand *.

Il est vrai que le sensualisme de Hume a été pour Kant ce que le sensualisme de Locke avait été pour Berkeley, une étape intermédiaire dans la rénovation de l'idéalisme dogmatique qui aboutit à l'idéalisme critique. Mais dans cette philosophie hétérogène qui exerça une si puissante influence sur la pensée moderne, surtout en Allemagne, on ne prise plus guère les résultats derniers, les hypothèses idéalistes ; on ne s'arrête qu'aux points de départ, aux éléments critiques, c'est-à-dire à ce qui, dans notre classification, constitue les hypothèses sensualistes. Or, les compatriotes et les admirateurs de Kant commencent euxmêmes à reconnaître que ces hypothèses avaient été établies par Locke et surtout par Hume qui amena la plupart d'entre elles — la célèbre théorie de la causalité, par exemple, cette base de la critique kantienne de la connaissance — à un degré de perfection qui ne fut jamais dépassé. « La Critique de la raison pure, dit M. Paulsen *, développe en une forme lourde et peu intelligible les pensées exposées par Hume avec une étonnante clarté et une singulière élégance. En lisant Kant, il semble presque que

1. V. PauUeii : Was uns Kant sein hann f Viert. Jahr. f. Wiss. Philoaophie, 1881, 1" fasc, p. 9.

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