‹ L'ancienne et la nouvelle philosophie [microform]Chapitre 28 sur 81 · System dcr Kritischen Philosophie^ t. II) p · texte numérisé non relu

System dcr Kritischen Philosophie^ t. II) p

CARACTÉRISTIQUE DE LA PIIlLOSOriIIE DU PASSÉ 177

idées. J'ai déjà eu, autre part», l'occasion d'examiner les défauts essentiels inhérents à cette méthode, d'insister particulièrement sur l'inanité de ce qu'on appelle fanalogie réelle, qui établit des rapports de ressemblance, même d'identité, entre phénomènes appartenant à des ordres scientifiques diff*érents ; or, c'est cette forme particulière d'analogie dont la métaphysique se sert le plus fréquemment dans ses spéculations sur le principe et l'unité

finale du monde.

A la faveur de la décevante clarté que l'analogie réelle jette sur les rapports entre phénomènes de complexité différente, la philosophie s'est engagée sans retour dans la voie périlleuse de l'anthropomorphisme, de l'application des fonctions de l'entendement humain aux lois naturelles. Cette intrusion du subjectif dans l'objectif a été le plus grave péché, la faute la plus lourde de la philosophie du passé, et cette faute a été commune à la foule ignorante et naïve et aux hommes de génie qui avaient la prétention de la diriger. Mais l'anthropomorphisme n'a été qu'une manifestation de la tendance de notre esprit à expliquer l'inconnu par l'usuel, tendance propre à une longue phase du développement intellectuel ; il a été une forme de l'erreur que l'esprit humain a dû accepter à l'époque de sa grossière ignorance comme à l'époque de son faux savoir. Cela est si vrai que, de nos jours, grâce aux succès des sciences positives et à la conviction de plus en plus répandue que les phénomènes psychologiques et sociaux sont les moins connus, la même erreur menace de prendre la forme inverse : l'analogie réelle ne va plus de l'homme au monde extérieur, elle va du monde extérieur à l'homme.

Page 1