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CHAPITRE PREMIER

EXPLICATION SOCIOLOGIQUE DE LA MARCHE GÉNÉ- RALE DD DÉVELOPPEMENT DE LA PHILOSOPHIE

1. L'étude du passé de la philosophie nous a amené à des conclusions précises qui, au double point de vue de la théorie et de la pratique, ne me semblent pas dénuées de valeur.

Nous avons établi une classification très simple des types généraux auxquels se réduisent tous les systèmes métaphysiques sans exception, et indiqué les liens intimes qui unissent cette classification au plus important des facteurs sociologiques, — le progrès du savoir positif. De là se dégage une loi particulière du développement philosophique qu'on peut appeler la loi des trois types de la métaphysique^ et qui nous permet de chercher la formule d'une

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loi plus générale, embrassant les conditions dynamiques de toute philosophie. Mais avant d'aller plus loin, il m'importe de jeter un coup d'œil d'ensemble sur la route parcourue et les résultats acquis.

Le passé de la philosophie est un phénomène complexe qui comprend toute la longue série des doctrines philosophiques, toutes les modifications que ces doctrines ont subies, toutes les relations qui les relient aux faits historiques et aux autres groupes de phénomènes sociaux. Pour se reconnaître au milieu de cette masse de données diverses, il faut, de toute nécessité, rétrécir de parti pris le cercle des phénomènes étudiés, et choisir au préalable entre les différents points de vue également possibles. C'est ce que j'ai essayé de faire. Sans négliger complètement les autres côtés de l'évolution historique, j'ai mis au premier plan son trait le plus saillant, — le caractère propre des systèmes philosophiques.

En agissant ainsi, je n'ai fait que suivre l'exemple de tous les historiens de la philosophie, avec cette diO'érence. que les éléments hypothétiques de la théorie que j'ai adoptée, se vérifient aisément et, pour ainsi dire, d'eux-mêmes, au moyen de l'analyse à laquelle ils servent de point d'appui. Le principe qui m'a guidé découle naturellement de la tendance générale de ce travail, du désir de trouver un terrain commun pour la moderne philosophie scientifique et l'ensemble des systèmes anciens qui cherchaient, eux aussi, une conception précise du monde. C'est ainsi que s'explique ma préoccupation constante de retracer les rapports qui existent entre la philosophie du passé et la science ou, plus exactement, entre la série des systèmes philosophiques et la série des sciences spéciales. Le critérium qui me servait était donc nettement déterminé et m'évitait tous les écarts et tous les malentendus.

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