Wyrouboff, Philosophie positive^ t. I, p
5 Occupons-nous maintenant du reproche adressé à Comte d'avoir fait de sa loi une simple déduction de la théorie de Tincognoscible. En expliquant sa loi, Comte nous dit que dans la phase initiale et dans celle qui la suit immédiatement, l'esprit humain est complètement absorbé par la recherche des causes premières et finales » ; par conséquent, si nos conceptions et nos connaissances passent par ces deux phases, il est sous-entendu que ce n'est qu'en tant qu'elles tendent à l'interprétation de ces causes. Or il n'est pas douteux que le savoir qui se propose un semblable but, est le plus général qui se puisse imaginer, qu'il est, en d'autres termes, philosophique au plus haut point; donc, la première partie de la loi des trois états a pour objet le développement de la philosophie, non le développement de la science.
Dans la troisième phase, l'esprit humain, d'après Comte, abandonne définitivement la recherche du commencement et de la fin des choses, les considérant comme inaccessibles à ses efforts, et se renferme scrupuleusement dans l'investigation de la succession et de la coexistence des phénomènes réels. La seconde partie de la formule, qui constate que les conceptions et les connaissances passent enfin à rétat positif, suppose, par conséquent, comme postulat, que ces connaissances et ces conceptions ont perdu le caractère qu'elles avaient précédemment. Toutes les notions étant devenues ainsi scientifiques, il en résulte que la seconde partie de la loi des trois états a pour objet non plus le développement de la philosophie, mais le développement de la science.
En d'autres termes, on affirme que nos conceptions sont nécessairement philosophiques dans les deux premières phases, et nécessairement scientifiques dans la dernière ; on identifie ainsi la philosophie avec la métaphysique, et