Lange, Hisioirt du matérialisme, tome P^, p
318 ■ L'A^XIENNE ET LA NOirV'ELLE PHILOSOPHIE
sur la contradiction évidente impliquée dans cette affirmation, que la philosophie ne pourra atteindre son plus haut développement que lorsqu'elle cessera d'exister sous la forme qui lui a été propre jusqu'à présent. Autant vaudrait admettre la valeur pratique de ce qui, théoriquement, a été reconnu égal à zéro, ou nier la réalité d*une catégorie entière de faits intellectuels auxquels on concède néanmoins un rôle moral et esthétique considérable •.
C'est pourtant à propos de la question de la nécessité actuelle du subjectivisme qu'un véritable schisme a éclaté entre les systèmes scientifiques modernes. Il me sera permis de rappeler ici ce que j'écrivais à ce sujet il y a quelques années : « A peine parvenue à établir d'une façon durable sa domination sur les esprits, la philosophie scientifique a vu naître dans son s^in une division qui en a fait d'un coup deux philosophies distinctes. Des penseurs qui venaient de reconnaître solennellement l'unité définitive de la science et de la philosophie, se sont vus subitement séparés en deux camps ennemis. Il n'y avait, en apparence, au fond de cette division, qu'une différence partielle d'opinions ; il y avait, en réalité, beaucoup plus ; le dissentiment touchait à la position prise par chacun des adversaires à l'égard de la science. Il devint évident que, tout en restant dans la môme direction et ne s'en écartant jamais, on pouvait y occuper deux positions au moins; on pouvait marcher en avant de la science, se proposant de la diriger vers de nouvelles conquêtes et de nouveaux progrès, et l'on pouvait stâvre la science, se proposant un but infiniment plus modeste, celui de l'unifier en la résumant. Avant la vérification par les faits, ce double rapport entre la philosophie scientifique et la série des sciences fondamentales pouvait être l'objet de conjectures, de suppositions plus ou moins plausibles. Aujourd'hui, l'expé-