V. Sociologù, p. 16 et
les esprits au milieu des erreurs de l'ancienne métaphysique qui semblaient n'avoir aucune issue possible, et c'est ainsi que cette vérité parut prendre naissance dans ces erreurs mêmes, alors qu'en réalité elle sortait des sciences
positives.
Des deux courants qui ont le plus contribué à amener cet état de choses, le courant matérialiste est, sans contredit, le plus rationnel, du moins au point de vue de la méthode, car il est le seul qui aille du connu à l'inconnu, du simple et du général au complexe et au particulier. C'est en suivant cette voie qu'on a pu arriver à cette « anticipation » de la philosophie des sciences, que le positivisme représente à tant d'égards. Il limite, en effet, plus que tout autre système le rôle de l'hypothèse et conserve, par conséquent, mieux cet équilibre idéal entre les différents ordres de phénomènes, qui est la seule conciliation réellement possible du matérialisme et de l'idéalisme, et qui sera toujours le but suprême de toute philosophie.
Cette explication a le mérite d'être très simple, mais, en l'acceptant, il faut se garder de tomber dans une grave erreur. La combinaison des points de vue du matérialisme, de l'idéalisme et du sensualisme ne doit jamais être une simple juxtaposition d'idées contradictoires, un éclectisme toujours stérile, alors même qu'il ne serait pas nuisible ; elle doit être une élaboration en commun des matériaux que les différentes formes de la pensée philosophique puisent dans les groupes correspondants de sciences.
Un point de vue moins radical ne nous amènera jamais à une philosophie qui puisse légitimement s'appeler scientifique. Cela ressort clairement des écarts métaphysiques dans lesquels retombent sans cesse les doctrines qui, comme le criticisme et le positivisme, se croient le plus à l'abri des illusions de Va priori.