‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 100 sur 128 · Chapitre neuvième · texte numérisé non relu

Chapitre neuvième

Il s’agissait pour la Société royale de médecine de miner cette Commission des eaux minérales, dont la surintendance appartenait au premier médecin du Roi, par Lettres patentes du 19 août 1709, et que Louis XVI n’avait pas encore accordée à Lieutaud, son premier médecin et qu’il n’accorderait pas davantage à De Lassone, premier médecin en survivance. Cette production des eaux minérales rapportait 22 à 23 000 livres qui, ajoutées aux 9000 allouées à la Société royale de médecine, auraient constitué un revenu permettant de récompenser et de rémunérer les travailleurs.

La Société royale de médecine devait tenir une séance publique dans la grande salle du Collège royal de France le 30 juin 1778 et elle avait envoyé ses billets d’invitation au nom de Messieurs cle la Société royale de Médecine. Un docteur régent en avertit la Faculté qui fut convoquée extraordinairement le 22 juin 1778 et décréta à l’unanimité que ceux de ses membres qui feront cause commune avec la Société royale « seront privés des droits, privilèges et honneurs académiques, si, dans sept jours, fidèles enfin à leurs serments, ils ne se rendent à la voix de la Faculté et ne renoncent à une Commission qui faussement et injustement se qualifie de Société royale de médecine et s’ils ne certifient le doyen qu’ils sont rentrés dans leur devoir avant les sept jours révolus, c’est-à-dire le mardi trente du présent mois de juin » (19).

(19) Commentaires , XXIV, p. 84.

La Chambre royale et la Société royale de Médecine. 223

L’appariteur porta copie de ce décret à chacun des membres intéressés.

De Lassone mit sous les yeux du Ministre ce décret de la Faculté et la représenta à ce dernier comme en rébellion contre l’autorité royale, et, quatre jours après, le 26 juin, le Conseil d’Etat rendit l’arrêt suivant •

« Le Roi, ayant par arrêt rendu en son Conseil, le 29 avril 1776, établi une Société de correspondance de médecine pour s’occuper principalement de l’étude et de l’histoire des épidémies et des épizooties, se ménager des correspondances avec les meilleurs médecins des provinces et même des pays étrangers, recueillir et comparer leurs observations, les rassembler dans un corps et réunir toutes les notions qui peuvent être utiles, pour prévenir et arrêter les ravages que les maladies contagieuses font parmi les hommes et les bestiaux, et Sa Majesté étant informée que les succès de cet établissement paroissent exiger qu’il fût plus particulièrement autorisé, et que même l’on étendît l’objet de ses travaux, il auroit été dressé en conséquence un projet de Lettres patentes qui a été communiqué à la Faculté de médecine, mais que la Faculté au lieu de délibérer sur ce projet, auroit, dans une assemblée tenue le 22 du présent mois et convoquée seulement quelques heures auparavant, rendu un décret portant que les membres de ladite Société qui le sont en même temps de la Société de. correspondance établie par ledit arrêt du 29 avril 1776 seront dépouillés de tous leurs droits, pri~

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