Chapitre neuvième
sone fut affectueux et désira avoir par écrit les motifs- de réclamations afin de les communiquer à ses collègues.
La Faculté envoya son mémoire et attendit. Dix-huit lettres furent échangées entre De Lassone et le doyen Desessarts. Enfin, le 17 mars, De Lassone dans une lettre dure et hautaine se plaignit des « discours peu mesurés, peu honnêtes et même indécens » que la Faculté avait tenus contre la Société royale et contre son président et il déclara « que désormais il ne lui convenait plus de traiter ni de conférer avec des personnes animées d’un tel esprit de parti.»
LaFaculté fut bouleversée d’une telle lettre. Elle se réunit le llavril 1778 ; les uns proposèrent une nouvelle démarche de conciliation; les autres, la croyant tout à fait inutile, furent d’avis de présenter une requête au Roi, non point contre la Société que son bon plaisir avait fondée, ce qui eût été peu politique et eût tout gâté, mais contre les entreprises illégitimes de la Société. Quelques jours après, le doyen Desessarts écrivit au Procureur général du Parlement pour former opposition au nom de la Faculté à l’enregistrement des lettres patentes, portant création de la Société.
Dans une assemblée extraordinaire de la Faculté, le 15 avril 1778, Lorry, au nom de ses collègues Geoffroy, Mauduyt et Coquereau, qui étaient membres de la Société royale de médecine, chercha à faire comprendre à la Faculté qu’elle avait été mal inspirée dans ses démarches, surtout au moment où elle avait besoin de toute la
La Chambre royale et la Société royale de Médecine. 221
bienveillance du Roi pour l’aider à reconstruire ses écoles, et il fit tous ses efforts pour l’engager à ne point envoyer l’adresse au Roi. La Faculté ne céda pas à ce conseil dicté par la raison et par la prudence, et le lendemain, 19 avril, avant même que la requête fût envoyée, le Garde des sceaux informa le doyen que le souverain, connaissant les projets de la Faculté, avait fait défense de rien imprimer de cette affaire.
La Faculté se perdait de plus en plus.
Il existait déjà une Commission royale de médecine pour l’examen des remèdes particuliers et ayant la surintendance des eaux minérales, dont l’inspection avait appartenu au premier médecin du Roi, place qui n’était pas sans profit ni sans danger, à cause des tentatives de séduction auxquelles il était exposé. Cette Commission, nommée par la déclaration du roi, le 25 avril 1772, se composant de vingt membres, huit médecins, huit chirurgiens et quatre apothicaires, tenait ses séances au vieux Louvre, dans les appartements de l’Infante, le premier lundi de chaque mois, à quatre heures, sous la présidence du premier médecin du Roi ou du doyen de la Faculté en cas d’absence de ce dernier (18).
(18) Lieutaud, premier médecin ; La Martinière, premier chirurgien ; les médecins Quesnay, De Lassone, Raulin, De Lassaigne, le doyen de la Faculté, De Lépine, Belleteste ; les chirurgiens Boiscaillaud, Goursaud, Brailliet, De la Fayc, Bordenave, Louis, Sabatier ; les apothicaires, Habert, Jamard, Cliaron, Mitouard. — Nogaret, secrétaire.